Face à une demande exponentielle en puissance de calcul pour ses modèles d'intelligence artificielle, OpenAI explore de nouvelles options d'approvisionnement en matériel. La société envisage désormais l'acquisition de puces TPU (Tensor Processing Units) développées par Google, une stratégie qui pourrait redéfinir l'équilibre actuel du marché des semi-conducteurs.
Une stratégie de diversification matérielle
OpenAI multiplie les initiatives pour sécuriser ses capacités de traitement. En plus de ses collaborations avec les géants du cloud comme AWS et Google Cloud, l'entreprise a annoncé le développement de sa propre puce, conçue en partenariat avec Broadcom, dont la mise en service est prévue d'ici la fin de l'année. L'intérêt pour les TPU de Google s'inscrit dans cette volonté de réduire la dépendance technologique, tout en bénéficiant de l'expertise de Richard Ho, ancien ingénieur de Google désormais en charge de la division puces chez OpenAI.
L'ascension des TPU de Google sur le marché
Initialement conçus pour les besoins internes de Google, les TPU sont devenus des actifs stratégiques que le géant de Mountain View commercialise désormais auprès de clients tiers. Cette technologie séduit des acteurs majeurs : Meta aurait déjà conclu des contrats de location de grande envergure et envisagerait des achats directs à l'horizon 2027. Oracle a également intégré ces processeurs à son offre cloud, témoignant d'une adoption croissante qui contraint même les chercheurs de Google à gérer des files d'attente pour accéder à leurs propres ressources de calcul.
Un défi pour l'hégémonie de NVIDIA
Bien que NVIDIA demeure la référence incontestée du secteur, l'intérêt croissant pour les alternatives comme les TPU illustre une mutation profonde du marché. Alphabet, la maison mère de Google, anticipe une montée en puissance progressive de ses revenus liés aux TPU, avec une accélération prévue à partir de 2027. Cet enjeu est colossal : les investissements mondiaux dans l'infrastructure dédiée à l'intelligence artificielle pourraient atteindre 600 milliards de dollars cette année, poussant les entreprises technologiques à sécuriser des chaînes d'approvisionnement robustes et diversifiées.