À quelques mois de l’élection du prochain Secrétaire général des Nations unies, prévue pour le 1er janvier 2027, l’organisation non gouvernementale UN Watch a publié un rapport critique analysant les six candidats en lice. Parmi eux, l’ancien président sénégalais Macky Sall fait l’objet d’une attention particulière en raison de son bilan au regard des libertés fondamentales.
La désignation du futur dirigeant de l’ONU relève formellement de l’Assemblée générale, composée de 193 États membres. Cependant, le processus décisionnel est largement influencé par le Conseil de sécurité, où les cinq membres permanents disposent d’un droit de veto. Cette dynamique place les candidats sous une loupe particulièrement exigeante, d’autant que leur élection pourrait redéfinir les priorités de l’organisation pour les années à venir.
Le rapport de UN Watch, rendu public le 21 juillet, examine les profils des six prétendants : deux femmes et quatre hommes issus de différentes régions du monde. Parmi eux figurent des personnalités issues du Groupe des États d’Amérique latine et des Caraïbes (GRULAC), une région traditionnellement favorisée par un principe informel de rotation régionale. Macky Sall, seul candidat africain, se distingue par son parcours et son origine géographique, ce qui a suscité des débats sur la légitimité de sa candidature.
L’ONG met en avant des éléments controversés concernant l’ancien chef de l’État sénégalais. Selon le texte source, son passage au pouvoir est marqué par des accusations de répression des manifestations, d’emprisonnement de journalistes et de détention d’opposants politiques. Ces faits, selon l’organisation, soulèvent des interrogations sur sa capacité à incarner les valeurs de l’ONU en matière de droits humains. Le rapport évoque également des morts parmi les manifestants, des arrestations arbitraires et des milliers de détentions attribuées aux forces de sécurité sous sa présidence.
La candidature de Macky Sall n’a pas été portée par le Sénégal, mais par le Burundi, alors président en exercice de l’Union africaine. Cette démarche a suscité des tensions au sein de l’organisation panafricaine, plusieurs États membres ayant critiqué une procédure jugée peu transparente. Ce manque d’unanimité initiale contraste avec l’annonce récente du soutien officiel de Dakar à sa candidature, officialisée le 20 juillet par le président Bassirou Diomaye Faye. Cette décision marque un revirement diplomatique notable, le Sénégal ayant jusqu’alors adopté une position distante, voire opposée, à cette candidature.
Les cinq autres candidats ne sont pas épargnés par les critiques de UN Watch. Chacun fait l’objet d’interrogations sur des aspects spécifiques de leur parcours : fermeté face à certains États, alignement sur des résolutions contestées, ou encore gestion des droits humains. L’ONG souligne ainsi que le choix du futur Secrétaire général pourrait refléter des enjeux géopolitiques plus larges, au-delà des compétences individuelles des candidats.
À travers ce rapport, UN Watch entend alimenter le débat public avant une réunion prévue le 23 juillet à l’ONU, où les candidats seront invités à s’exprimer. L’organisation appelle les États membres à examiner avec rigueur les engagements et les antécédents de chaque prétendant, alors que la désignation finale est attendue d’ici la fin de l’année 2026.