ONU alerte sur les exactions du M23 dans l'est de la RDC

Par Rédaction KUMBA 3 min de lecture 47 lectures
ONU alerte sur les exactions du M23 dans l'est de la RDC

Les provinces du Nord-Kivu et du Sud-Kivu, dans l’est de la République démocratique du Congo (RDC), sont depuis plus de trois décennies le théâtre de conflits armés récurrents. Ces tensions opposent principalement l’armée congolaise au groupe armé antigouvernemental M23, qui a étendu son emprise sur de vastes territoires de la région.

Douze experts indépendants mandatés par le Conseil des droits de l’homme de l’ONU ont récemment tiré la sonnette d’alarme concernant les méthodes employées par le M23. Selon eux, les violences systématiques contre les civils, incluant viols, agressions d’une extrême brutalité et assassinats, constituent une caractéristique centrale du mode opératoire du groupe armé. Bien que ces crimes ne soient pas exclusifs au M23, leur fréquence et leur intensité suscitent une profonde préoccupation.

Les experts soulignent que le M23, dont l’influence s’étend dans les zones sous son contrôle, a instauré un système de domination caractérisé par des arrestations arbitraires, des détentions illégales, des actes de torture – y compris sexuelle –, ainsi que des pratiques de travail forcé et de recrutement forcé. Des cas d’enlèvements, d’incendies criminels et de chantage ont également été documentés. Les personnes détenues seraient placées dans des prisons non officielles, où les conditions de vie, marquées par une surpopulation extrême et une insalubrité généralisée, aggravent leur vulnérabilité. L’accès aux soins médicaux y est quasi inexistant, et les détenus seraient privés de manière récurrente de nourriture et d’eau. Des violences physiques, dont des passages à tabac quotidiens, y seraient perpétrées, avec des décès en détention signalés. La libération de certains détenus dépendrait, selon les experts, de paiements exigés à leurs proches.

Les experts indépendants, dont font partie des rapporteurs spécialisés sur la torture et les détentions arbitraires, ont mis en garde contre l’urgence d’une réponse internationale. Ils ont appelé à la cessation immédiate des violences et à la conduite d’enquêtes approfondies pour identifier et sanctionner les responsables. Leurs préoccupations ont été portées à l’attention des autorités rwandaises, accusées de soutenir le M23. Cette situation, qualifiée d’extrêmement préoccupante, nécessite une mobilisation immédiate de la communauté internationale.

Ces alertes s’inscrivent dans un contexte où les tensions entre la RDC et le Rwanda persistent depuis des années. En juillet de l’année précédente, le Haut-Commissaire de l’ONU aux droits de l’homme avait déjà exigé la fin des combats dans l’est de la RDC. Il avait également appelé le Rwanda à cesser son soutien au M23 et à retirer ses troupes du territoire congolais, tout en exhortant les autorités congolaises à démobiliser et désarmer les membres des Forces démocratiques de libération du Rwanda (FDLR), un groupe armé composé d’anciens responsables du génocide rwandais de 1994 réfugiés en RDC.

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