Créé en 2021, l’Office national de recouvrement des avoirs criminels (ONRAC) a publié un bilan de cinq années d’activité dans la lutte contre la corruption, le blanchiment de capitaux et la criminalité économique. Selon le texte source, l’institution revendique la gestion de plus de 5 000 biens et un montant total dépassant 50 milliards de francs CFA, dans le cadre de procédures pénales en cours.
Parmi les biens saisis figurent des comptes bancaires, des immeubles, des véhicules et des équipements divers. À la date de mars 2026, le montant total des avoirs gérés par l’ONRAC s’élevait à plus de 50 milliards de francs CFA, incluant plus de 13 milliards de saisies bancaires, près de 21 milliards de saisies immobilières et de cautionnements, ainsi que le produit des ventes des biens confisqués.
Valorisation et ventes aux enchères
L’ONRAC mène une politique active de valorisation des avoirs pour éviter leur dépréciation avant les décisions de justice. En 2025, 19 ventes publiques aux enchères ont été organisées dans six régions, générant 2,234 milliards de francs CFA. Les résultats varient selon les zones : Kédougou a concentré 55 % du volume des biens vendus, principalement des engins et équipements liés à la lutte contre l’orpaillage clandestin, tandis que Dakar a contribué à 85 % des recettes, soit près de 1,896 milliard, en raison de la valeur plus élevée des biens mis en vente dans la capitale.
Une mission élargie et des réformes annoncées
Le directeur général de l’ONRAC, magistrat, a souligné que la mission de l’institution dépasse le simple recouvrement. Il a indiqué que l’Office gère les biens « en bon père de famille » pour en préserver la valeur, en assurer la restitution en cas de non-confiscation définitive et, le cas échéant, contribuer à l’indemnisation des victimes.
Lors d’une cérémonie officielle, le secrétaire général du ministère de la Justice a qualifié l’ONRAC de « pilier incontournable » dans l’application du principe selon lequel « le crime ne doit jamais payer ». Il a annoncé plusieurs réformes pour renforcer l’efficacité de l’institution, notamment la modernisation du cadre juridique, la digitalisation complète des procédures, le renforcement des moyens humains et budgétaires, ainsi qu’une coordination accrue avec les juridictions et les administrations partenaires. L’objectif affiché est de faire du Sénégal une référence africaine dans la lutte contre la criminalité économique.