Une série de décès dans le quartier d'Odigbo, Ondo State, a été attribuée à la consommation de boissons alcoolisées artisanales contaminées. Plus de 30 personnes sont décédées et plus de 50 sont hospitalisées, ce qui a conduit les autorités locales à interdire la vente et la consommation de ces breuvages.
Montée du nombre de victimes et réaction des autorités locales
Les premiers cas mortels ont été recensés dans les localités d'Odigbo town, Newtown, Orita et Araromi‑Obu. Le président du conseil local d'Odigbo, Adegoroye Taiwo, a confirmé l'arrestation d'un vendeur suspect, remis aux forces de police à Akure. Après avoir alerté le gouverneur Lucky Aiyedatiwa, le conseil a fait appel à une équipe médicale d'Akure, incluant des représentants de la NAFDAC et de l'Organisation mondiale de la santé, pour évaluer la situation. Le conseil a également décrété l'interdiction de toute boisson alcoolisée non autorisée et a chargé les agences de sécurité de poursuivre les contrevenants.
Enquête médicale : quelles substances sont en cause ?
Les premiers rapports des toxicologues indiquent que les victimes ont consommé des boissons alcoolisées locales non enregistrées, désignées sous divers noms tels que « Jeji », « Ere », « ogogoro » ou « ethanol ». Les analyses préliminaires pointent vers des boissons contenant des additifs ou des procédés de fabrication non contrôlés, susceptibles d’être à l’origine de la toxicité. Les autorités attendent encore les chiffres définitifs de l'équipe médicale, mais les estimations initiales évoquaient 27 décès et 30 hospitalisations avant que le bilan ne soit révisé à plus de 30 morts et plus de 50 blessés.
Voix des survivants et des familles affectées
Shola Adebayo, 32 ans, a survécu après avoir bu deux doses d’une boisson locale appelée « Monkey Tail ». Il a perdu partiellement la vue et, bien qu’en amélioration, il a juré de ne plus jamais consommer d’alcool, même de la bière. Un proche, Adebayo Adetayo Adedeji, a rappelé la perte de trois jeunes hommes – Leo, Bidemi et Matthew – et a salué l’interdiction imposée, estimant que sans celle‑ci la communauté aurait pu devenir « un dépotoir de morts ». Le chef traditionnel d’Odigbo, Oba Dr Rufus Akinrimade, a rejeté les explications culturelles, soulignant que les décès résultaient de la consommation d’alcools artisanaux non contrôlés.
Mesures de prévention et appel à la vigilance
Les autorités locales insistent sur la nécessité de vérifier l’origine de toute boisson alcoolisée avant consommation, notamment auprès de la NAFDAC qui délivre les autorisations de mise sur le marché. La communauté est invitée à signaler toute activité suspecte et à éviter les breuvages vendus hors des circuits officiels. Le suivi médical des victimes continue, tandis que les enquêtes judiciaires visent à identifier les fournisseurs et à renforcer la réglementation des boissons artisanales afin de prévenir de nouvelles tragédies.