On aboie en silence : l'adaptation d'un récit vécu sur la schizophrénie et le lien fraternel

Par Rédaction KUMBA 3 min de lecture 23 lectures
On aboie en silence : l'adaptation d'un récit vécu sur la schizophrénie et le lien fraternel

Le film de France 2, diffusé ce mercredi 14 octobre, s'inspire librement du livre *Ensemble, on aboie en silence* de Gringe, publié en 2020. Ce récit à deux voix, coécrit avec son frère Thibault, relate leur quotidien face à la schizophrénie, mêlant fragilité, complicité et lutte contre les préjugés. L'adaptation au cinéma, signée de Maxime Cormier et Guillaume Scaillet, suit Jérémy, un jeune cinéaste, et son frère Théo, un rappeur en ascension, confrontés à des troubles psychotiques. Si les personnages et leur parcours ont été transformés, l'essentiel du message reste : humaniser la maladie mentale et célébrer l'indéfectabilité du lien fraternel.

Un récit personnel transformé en fiction

Dans le livre de Gringe, le rappeur et comédien évoque avec franchise l’impuissance face à la maladie de son frère, les moments de doute, les crises, mais aussi les éclats d’humour et d’affection. L’adaptation cinématographique a conservé cette dualité entre drame et tendresse, tout en modifiant les noms et les trajectoires. Théo, le frère du personnage féminin, partage cependant des traits avec Gringe, notamment son statut de rappeur. Jérémy, quant à lui, est un personnage fictif, éloigné du profil de Thibault. Cette distance artistique, souhaitée par l’auteur, a permis de protéger l’intimité familiale tout en diffusant un message universel.

Un projet validé par l’auteur

Gringe n’a pas écrit le scénario, mais il a suivi de près le développement du film. Lors d’un point presse au Festival de la Fiction de La Rochelle, la production a souligné que l’artiste était « très content de l’existence de ce film ». Cette collaboration a nécessité un équilibre subtil : le livre, en prose introspective, devenait une histoire visuelle, avec des dialogues et des scènes inventés. Pourtant, l’essence du récit — la résilience et l’amour inconditionnel — a été préservée.

Un appel à repenser la schizophrénie

En dépit des transformations, le film garde le cœur du combat de Gringe : lutter contre les stéréotypes autour des maladies mentales. En montrant les quotidiens complexes, les échecs et les petites victoires, *On aboie en silence* invite à une meilleure compréhension. La schizophrénie, souvent réduite à des clichés, est ici dépeinte comme une réalité nuancée, où la créativité et l’amour peuvent coexister avec la maladie. Cette approche, à la fois intime et collective, reflète une volonté de changer le regard social sur un sujet encore tabou.

Des frères, un lien inébranlable

Que ce soit dans le livre ou le film, le lien entre les deux frères reste le fil conducteur. Dans une interview, Gringe avait déclaré que son récit était une « déclaration d’amour fraternelle ». L’adaptation a su traduire cette émotion par des scènes de complicité, des silences lourds de sens et des tentatives de création partagée. Le titre même, *On aboie en silence*, évoque à la fois la souffrance muette et la force tranquille de ceux qui l’entourent.

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