OmegaPro : comment des milliers d’Africains et de Français ont perdu 4 milliards de dollars dans une pyramide de Ponzi

Par Rédaction KUMBA 3 min de lecture 100 lectures
OmegaPro : comment des milliers d’Africains et de Français ont perdu 4 milliards de dollars dans une pyramide de Ponzi

Entre 2018 et 2022, une plateforme de trading en ligne a séduit des milliers d’épargnants en Afrique et en Europe avec la promesse de rendements mirobolants. Résultat : des pertes estimées à 4 milliards de dollars et des vies brisées. Derrière ce mirage se cache OmegaPro, une pyramide de Ponzi qui a exploité la crédulité et le désespoir de ses victimes, dont des centaines de Français et d’Africains.

Une promesse envoûtante, un piège implacable

OmegaPro promettait à ses clients de multiplier par trois leur investissement en seulement 16 mois. Pour y parvenir, la plateforme s’appuyait sur un discours marketing séduisant, mêlant opportunités financières et récits de réussite. En Afrique, où l’accès aux marchés financiers reste limité pour une grande partie de la population, l’offre a trouvé un écho particulier. En Europe, des épargnants en quête de rendements rapides ont également mordu à l’hameçon.

Les fondateurs d’OmegaPro, Robert Velghe, Dilawar Singh, Andreas Szakacs et Mike Sims, ont orchestré une escroquerie à l’échelle mondiale. Leur stratégie ? Créer une illusion de légitimité en s’appuyant sur des témoignages fictifs et des partenariats avec de grands médias, dont certains français, pour donner une apparence de crédibilité à leur opération.

Des victimes aux profils variés, des pertes colossales

Parmi les victimes, on compte des entrepreneurs, des retraités et des particuliers en quête d’un complément de revenus. En France, un quinquagénaire franco-brésilien a perdu 250 000 euros après avoir investi dans OmegaPro. En Afrique, les pertes se comptent en millions de dollars, touchant des épargnants dans au moins 40 pays. Les témoignages de ces victimes révèlent une même désillusion : des économies englouties en un instant, des projets de vie réduits à néant.

Les enquêteurs soulignent l’ampleur du préjudice. Les fonds collectés par OmegaPro n’ont jamais été investis dans des actifs réels. Ils ont servi à rémunérer les premiers investisseurs, selon le principe classique des pyramides de Ponzi, avant de disparaître dans la nature. Les autorités financières européennes et africaines tentent désormais de démanteler ce réseau, mais les victimes peinent à récupérer ne serait-ce qu’une partie de leurs avoirs.

Un héritage de méfiance et des leçons à tirer

L’affaire OmegaPro illustre les dangers des promesses trop belles pour être vraies. Elle révèle aussi les failles dans la régulation des plateformes financières en ligne, notamment dans les pays où les épargnants sont moins protégés. En Afrique, où les systèmes de protection des investisseurs sont souvent fragiles, cette escroquerie a laissé des traces durables.

Pour les autorités, la priorité est désormais de renforcer les mécanismes de contrôle et de sensibiliser le public aux risques des investissements non régulés. Pour les victimes, la lutte pour la récupération de leurs fonds s’annonce longue et incertaine. Une chose est sûre : OmegaPro a marqué l’histoire des escroqueries financières comme l’une des plus dévastatrices de la dernière décennie.

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