Le tifo « Viva Roja » déployé par les South Winners lors de la victoire 4-0 de l’OM face à Strasbourg a transformé un moment sportif en polémique nationale. L’hommage à l’Espagne, championne du monde cet été, a été interprété comme une provocation envers Didier Deschamps, ancien entraîneur de l’Olympique de Marseille et figure controversée des relations entre le club et ses supporters.
Un hommage à l’Espagne, une provocation pour certains
Lors de la première journée de Ligue 1, les supporters marseillais ont marqué les esprits avec un tifo spectaculaire célébrant la victoire de l’Espagne à la Coupe du Monde. La mention « Viva Roja », entourée des couleurs ibériques, a rapidement enflammé les réseaux sociaux. Certains y ont vu une attaque voilée contre Didier Deschamps, dont le nom est associé à une période difficile pour le club entre 2009 et 2012.
Cette interprétation a été amplifiée par le contexte : Deschamps, ancien capitaine puis entraîneur de l’OM, reste une figure clivante pour une partie de la communauté marseillaise, notamment les supporters ultras. Son départ en 2012 avait été marqué par des tensions avec les groupes organisés, dont les South Winners.
Rachid Zeroual dément toute intention malveillante
Face à la polémique, Rachid Zeroual, vice-président des South Winners et personnalité influente du Virage Sud, a pris la parole pour clarifier l’intention du tifo. « Ce n’était pas contre Didier Deschamps », a-t-il affirmé, soulignant l’admiration de son groupe pour le jeu collectif de l’Espagne et la diversité culturelle du club. « Nous sommes multiculturels. Ne jouez pas sur de mauvaises idées », a-t-il plaidé.
Pourtant, les déclarations passées de Zeroual sur Deschamps laissent planer un doute sur la sincérité de ses propos. En 2012, il avait publiquement menacé l’ancien entraîneur, allant jusqu’à déclarer : « Je lui ai dit que je lui décapsulerais la tête de ses épaules ». Ces propos, restés dans les mémoires, renforcent l’idée d’une rivalité personnelle et politique entre les deux hommes.
Une rivalité qui dépasse le cadre sportif
Les tensions entre Deschamps et les South Winners ne se limitent pas à des déclarations isolées. Zeroual est souvent cité comme l’un des acteurs clés des pressions exercées sur plusieurs présidents du club dans les années 1990 et 2000, dont certains ont fini par démissionner. Son influence sur la vie du club, combinée à son opposition affichée à Deschamps, en fait une figure centrale des débats internes à l’OM.
Cette polémique, bien que centrée sur un match de football, révèle les fractures persistantes au sein d’un club emblématique du football français. Entre héritage sportif, enjeux de pouvoir et passions populaires, l’affaire dépasse largement le cadre d’un simple tifo. Elle interroge aussi la place des supporters dans la gouvernance des clubs, entre ferveur et radicalité.