L'ancien président nigérian Olusegun Obasanjo a levé le voile sur les tensions industrielles ayant marqué l'ascension du groupe Dangote sur le continent. Lors d'un déplacement au Kenya, il a dénoncé les manœuvres de la multinationale Lafarge visant, selon lui, à freiner l'expansion du géant nigérian du ciment.
Le contentieux foncier au Sénégal
Au cœur des révélations d'Olusegun Obasanjo figure l'implantation du groupe Dangote au Sénégal. Après la construction d'une usine d'une capacité de 5 millions de tonnes, le projet a fait face à des contestations judiciaires sur le foncier, instiguées selon l'ancien chef d'État par Lafarge. Malgré une victoire juridique, Aliko Dangote a dû s'acquitter de 12 millions de dollars pour sécuriser l'exploitation de son site, deux ans après l'achèvement des travaux. Pour M. Obasanjo, ces actions visaient à protéger une position de monopole sur le marché africain du ciment.
La politique industrielle nigériane comme catalyseur
L'ancien président a également rappelé la genèse de la stratégie industrielle de Dangote au Nigeria. En 2003, face à une dépendance persistante aux importations, le gouvernement nigérian a instauré une politique liant les licences d'importation à des engagements de production locale. Cette mesure a incité Aliko Dangote à investir massivement dans des infrastructures de production, passant d'une logique de négoce à celle d'industriel de premier plan, avant de dupliquer ce modèle en Tanzanie, en Éthiopie et au Sénégal.
De la cimenterie au projet de raffinerie
Le succès dans le secteur du ciment est présenté par Olusegun Obasanjo comme le socle de confiance ayant permis au groupe de se lancer dans des projets d'envergure supérieure, notamment la raffinerie de pétrole. Actuellement, le groupe Dangote cherche à lever 1,6 milliard de dollars via une introduction en bourse pour financer l'extension de ses capacités de raffinage à Lagos. Ce modèle d'intégration économique, reliant les marchés d'Afrique de l'Ouest et de l'Est, est désormais au centre des ambitions du groupe, avec un nouveau projet de raffinerie de 700 000 barils par jour envisagé à Lamu, au Kenya.