Les océans ont atteint des températures record en juillet 2023, tandis que l’Europe suffoque sous des vagues de chaleur historiques. Un double phénomène qui illustre l’accélération du dérèglement climatique, amplifié par le retour d’El Niño.
Des océans en surchauffe, un signal d’alerte climatique
Les températures moyennes à la surface des océans, hors régions polaires, ont atteint 20,96 °C en juillet, dépassant le précédent record de 2016. Cette hausse s’inscrit dans un contexte de développement d’El Niño dans le Pacifique, un phénomène naturel qui, combiné au réchauffement d’origine humaine, intensifie les extrêmes climatiques. Les eaux tropicales du Pacifique affichent des températures anormalement élevées, tandis que l’Atlantique et la Méditerranée enregistrent des records locaux, alimentant des vagues de chaleur marine sévères et prolongées.
Les océans, régulateurs essentiels du climat, absorbent plus de 90 % de l’excès de chaleur généré par les émissions de gaz à effet de serre. Leur réchauffement contribue directement à l’élévation du niveau des mers – par dilatation thermique – et à l’intensification des phénomènes météorologiques extrêmes, comme les tempêtes tropicales plus violentes et chargées en précipitations.
L’Europe sous l’emprise des canicules et des feux dévastateurs
L’Europe de l’Ouest a connu son mois de juin et juillet les plus chauds jamais enregistrés, avec des températures moyennes supérieures de 2,79 °C à la normale. La sécheresse persistante a aggravé les risques d’incendies, avec des feux d’une ampleur exceptionnelle en termes de surfaces brûlées et d’émissions de fumée. Les sols, appauvris en humidité, ont perdu leur capacité naturelle à rafraîchir l’atmosphère, tandis que les systèmes de haute pression ont piégé la chaleur sur le continent.
Les conséquences sont multiples : baisse critique des niveaux des fleuves comme le Rhin, la Seine ou le Danube, mettant en péril les approvisionnements en eau, l’agriculture, le transport fluvial et la production d’énergie. En Angleterre et au Pays de Galles, juillet 2023 a été le plus sec depuis 190 ans, poussant les autorités à déclarer des zones en état de sécheresse. Les scientifiques soulignent que ces conditions, autrefois exceptionnelles, deviennent la « nouvelle norme » en Europe.
Face à cette réalité, les experts rappellent que le réchauffement actuel, estimé à +1,4 °C par rapport à l’ère préindustrielle, est principalement imputable aux activités humaines, notamment la combustion d’énergies fossiles. Le retour d’El Niño, bien que temporaire, pourrait encore accentuer cette tendance dans les mois à venir.