Le ministre du Territoire de la capitale fédérale (FCT), Nyesom Wike, a officiellement reconnu avoir orchestré une alliance avec le parti au pouvoir, l'All Progressives Congress (APC), pour faire battre son propre parti, le Peoples Democratic Party (PDP), lors de l'élection gouvernatoriale de 2024 dans l'État d'Edo. Cette déclaration souligne la stratégie de rupture assumée par le ministre, qui privilégie désormais des coalitions transpartisanes au détriment de la loyauté envers sa formation politique d'origine.
Une stratégie d'éviction ciblée
L'intervention de Nyesom Wike dans le scrutin d'Edo visait spécifiquement à empêcher l'ancien gouverneur Godwin Obaseki d'installer son successeur. Malgré la qualité du candidat du PDP, Asue Ighodalo, le ministre a justifié son opposition par une volonté de neutraliser l'influence politique de M. Obaseki, qu'il qualifie d'ingrat. Cette manœuvre a abouti à la victoire du candidat de l'APC, Monday Okpebholo, qui a recueilli 291 667 voix contre 247 274 pour le candidat du PDP.
Un historique de dissidence électorale
Cette confession s'inscrit dans une trajectoire politique marquée par des alliances tactiques récurrentes. Lors de l'élection présidentielle de 2023, M. Wike, alors membre du groupe des « G-5 gouverneurs », avait déjà œuvré contre le candidat de son propre parti, Atiku Abubakar. À l'époque, le groupe avait stratégiquement redirigé les votes vers le candidat du Labour Party, Peter Obi, dans plusieurs États du Sud-Sud, tout en veillant à protéger les intérêts du groupe dans l'État de Rivers. Ces actions illustrent une pratique où les calculs de pouvoir personnel et les alliances régionales priment sur la discipline de parti.
Vers une reconfiguration pour 2027
Au-delà du scrutin d'Edo, Nyesom Wike se positionne désormais comme un acteur central de la réélection du président Bola Tinubu en 2027. À travers la « Rainbow Coalition », une plateforme transpartisane, il mobilise des soutiens issus tant du PDP que de l'APC. En se déclarant coordinateur de la campagne présidentielle pour le FCT et l'État de Rivers, le ministre confirme sa volonté de poursuivre une stratégie de coalition qui fragilise la cohésion interne du PDP, tout en renforçant son influence au sein de l'administration actuelle dirigée par l'APC.