Nyesom Wike, ministre du FCT, intensifie son emprise politique et menace l'éducation des étudiants de Rivers

Par Rédaction KUMBA 3 min de lecture 29 lectures
Nyesom Wike, ministre du FCT, intensifie son emprise politique et menace l'éducation des étudiants de Rivers

Le ministre du Territoire de la Capitale fédérale (FCT), Nyesom Wike, ancien gouverneur de l’État de Rivers, s’est imposé comme l’une des figures les plus visibles et les plus influentes du gouvernement du président Bola Tinubu. Au-delà de son rôle officiel, il multiplie les interventions médiatiques, les interviews et les déclarations, se positionnant comme le principal défenseur du chef de l’État et annonçant des menaces de représailles en cas de victoire de l’opposition en 2027.

Un ministre qui dépasse le cadre institutionnel

Selon plusieurs observateurs, Wike dépasse largement le champ d’action habituel d’un ministre du FCT. Il organise davantage d’interactions pro‑gouvernementales que le ministre de l’Information et les porte‑paroles présidentiels, et il se targue d’avoir pu faire gagner les élections gouvernorales d’Osun à la place du parti au pouvoir (APC). Cette visibilité accrue s’accompagne d’une rhétorique agressive, le ministre affirmant être le « numéro un » défenseur du président et insinuant que les opposants qui gagneraient en 2027 le cibleraient personnellement.

Annulation de bourses universitaires : un impact direct sur les étudiants

Dans le même temps, Wike aurait ordonné à ses alliés à l’Assemblée de l’État de Rivers de supprimer plus de 6 milliards de nairas destinés à financer les bourses d’études de centaines d’étudiants en médecine à l’université PAMO, propriété de l’ancien gouverneur Peter Odili. Le financement, mis en place sous l’administration Wike, était censé soutenir les jeunes du Niger Delta dans leurs études supérieures. La décision intervient après une rupture entre Wike et Odili, et s’inscrit dans un schéma de représailles qui rappelle une précédente annulation, en 2016, de bourses à l’étranger octroyées par le prédécesseur Rotimi Amaechi, entraînant l’abandon des études pour de nombreux étudiants, dont certains ont même été expulsés du Royaume‑Uni.

Conséquences pour la gouvernance du Niger Delta

Les critiques dénoncent une forme de « tyrannie d’État » où le ministre, soutenu par une élite locale riche, impose sa volonté sans contre‑poids. Selon eux, cette dynamique empêche le développement socio‑économique de la région, qui pourrait pourtant atteindre des niveaux de prospérité comparables à Dubaï ou au Texas si les ressources étaient gérées de façon transparente. Le risque d’une concentration du pouvoir entre les mains de Wike, combiné à l’absence de voix dissidentes parmi les hommes d’affaires de Rivers, alimente les craintes d’une capture de l’État et d’une détérioration du climat démocratique. Les acteurs de la société civile appellent à un changement de gouvernement capable de placer les intérêts de la population au premier plan, notamment en garantissant l’accès à l’éducation et en préservant les fonds publics des manipulations politiques.

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