Le ministre du Territoire de la capitale fédérale, Nyesom Wike, a réaffirmé l'indépendance financière des États nigérians face au gouvernement central. Selon lui, le président Bola Tinubu n'a aucune autorité légale pour imposer aux gouvernements locaux et aux États la manière dont ils doivent allouer les revenus supplémentaires générés par la suppression des subventions sur les carburants.
L'autonomie des entités fédérées au cœur du débat
Pour Nyesom Wike, la structure fédérale du Nigeria impose une séparation claire des responsabilités. Il soutient que, dès lors que les gains issus de la fin des subventions sont redistribués aux entités infranationales, ces dernières disposent de la pleine souveraineté pour décider de leurs priorités budgétaires. Le ministre a souligné que cette manne financière a permis aux États de stabiliser leurs finances, notamment en assurant le paiement régulier des salaires et des pensions, une situation qui, selon lui, a considérablement réduit les tensions sociales et les mouvements de grève observés par le passé.
La gestion des ressources face aux critiques de l'opposition
Cette prise de position intervient dans un contexte de polarisation politique intense à l'approche des élections de 2027. Nyesom Wike a directement interpellé Peter Obi, ancien gouverneur et candidat à la présidentielle, suggérant que le débat devrait se concentrer sur la redevabilité des gouverneurs locaux plutôt que sur une supposée ingérence fédérale. Alors que Peter Obi soutient la suppression des subventions tout en déplorant l'absence de planification dans l'usage des fonds, d'autres figures comme l'ancien vice-président Atiku Abubakar continuent de prôner un retour pur et simple au régime de subventions pour soulager le coût de la vie des citoyens.
Les attentes du pouvoir central envers les États
Bien qu'il rejette toute velléité de contrôle, le président Bola Tinubu a publiquement exhorté les gouverneurs à transformer ces allocations accrues — estimées à quatre ou cinq fois le montant perçu précédemment — en projets à fort impact social. Le chef de l'État a notamment suggéré de privilégier le développement d'infrastructures routières stratégiques et de réseaux de transport plutôt que des projets de prestige, comme la construction de ponts dans des zones à faible densité de trafic. L'enjeu pour les mois à venir reste la capacité des États à démontrer une gestion transparente et efficace de ces ressources, alors que la pression populaire pour une amélioration concrète des conditions de vie ne faiblit pas.