Le ministre du Territoire de la capitale fédérale, Nyesom Wike, a lancé un appel à la responsabilité des acteurs politiques nigérians, les exhortant à abandonner la manipulation des griefs identitaires pour conquérir le pouvoir. Face à une érosion constante de la participation citoyenne aux scrutins présidentiels, il plaide pour une transformation profonde des pratiques démocratiques axée sur la compétence et l'inclusion réelle.
Le péril de la politique identitaire
Lors d'une intervention à Abuja, Nyesom Wike a mis en garde contre la stratégie consistant à désigner des groupes comme ennemis pour mobiliser l'électorat. Selon lui, si ces tactiques peuvent offrir un avantage politique immédiat, elles constituent une menace durable pour la cohésion nationale. Le ministre souligne que le Nigeria ne peut bâtir un avenir stable si la compétition politique repose sur l'exploitation des divisions. Il appelle les leaders à « civiliser » la concurrence électorale plutôt que de chercher à éliminer les différences, rappelant que l'équité consiste à permettre à chaque citoyen de se sentir chez soi sur l'ensemble du territoire.
La chute préoccupante de la participation électorale
Le ministre a attiré l'attention sur les données de la Commission électorale nationale indépendante (INEC), qui révèlent une baisse constante de l'engagement des électeurs lors des présidentielles. Le taux de participation est passé de 53,7 % en 2011 à 26,7 % en 2023. Pour Nyesom Wike, ce désintérêt croissant est un signal d'alarme pour la démocratie. Il estime que les citoyens ne doivent plus être considérés comme de simples instruments de mobilisation à l'approche des urnes, mais comme des partenaires essentiels de la gouvernance, traités avec considération tout au long du mandat.
Vers une gouvernance fondée sur la compétence
Abordant les questions complexes de la représentativité et du zonage, le ministre a insisté sur le fait que l'identité ne saurait se substituer à l'obligation de performance. Si la représentativité est nécessaire pour corriger les inégalités historiques, elle ne doit pas occulter les impératifs de compétence. Il a souligné qu'un sentiment d'inclusion ne peut reposer uniquement sur des nominations ethniques, mais doit passer par des opportunités économiques concrètes, une éducation de qualité et un développement équitable entre les centres urbains et les zones rurales. Pour transformer les agitations en renouveau national, il préconise le renforcement de la démocratie interne au sein des partis et une transparence accrue dans les nominations publiques.