Six militants kanaks, parmi lesquels le leader du FLNKS Christian Téin, ont déposé plainte devant la Cour de justice de la République contre quatre anciens membres du gouvernement d'Gabriel Attal. Cette action judiciaire fait suite à leur incarcération en métropole après les émeutes de mai 2024 en Nouvelle-Calédonie, une procédure qui s'est soldée par un non-lieu général après plusieurs mois de détention provisoire.
Des accusations d'immixtion politique dans le judiciaire
Les plaignants, représentés notamment par Me Florian Medico, dénoncent des actes qualifiés d'« arbitraires » et d'« abus d'autorité ». Ils ciblent spécifiquement l'ancien Premier ministre Gabriel Attal, ainsi que Gérald Darmanin, Sébastien Lecornu et Éric Dupond-Moretti. Selon les avocats, ces procédures criminelles n'auraient pas été le fruit d'une indépendance judiciaire classique, mais auraient été orchestrées par l'exécutif pour répondre à une volonté politique de « calmer le jeu » sur l'archipel.
La logistique des transferts au cœur des soupçons
L'argumentaire des plaignants s'appuie sur des éléments matériels et des déclarations publiques. Ils soulignent notamment que la logistique nécessaire au transfert des militants vers la métropole par vols militaires avait été organisée avant même leurs interpellations, survenues le 19 juin 2024. Cette précipitation, couplée à des propos tenus par des membres du gouvernement et rapportés dans des documentaires ou des ouvrages, est utilisée par la défense pour démontrer une prétendue volonté de l'État de cibler des figures spécifiques du mouvement indépendantiste.
Le rôle de la Cour de justice de la République
La plainte, qui invoque également le chef d'accusation d'« association de malfaiteurs », est désormais entre les mains de la Cour de justice de la République. Cette institution est la seule habilitée à juger les membres du gouvernement pour des infractions commises dans l'exercice de leurs fonctions. Avant toute ouverture d'une enquête formelle, une commission de filtrage composée de magistrats devra statuer sur la recevabilité de ces plaintes. Cette étape déterminera si les agissements des anciens ministres feront l'objet d'investigations judiciaires approfondies.