La justice de la CEDEAO frappe fort contre le Bénin.
Un licenciement sans fondement Quatre ans après son éviction brutale, le Dr Mèdessi Yves Armand Mongbo triomphe. La Cour de justice de la CEDEAO a rendu son verdict le 15 mai 2026 : son recrutement à la tête de l’OOAS était légal, son licenciement abusif. Pire pour le Bénin : la justice condamne l’institution communautaire à lui verser 35 millions de francs CFA en réparations.
Le scénario rappelle une injustice flagrante. En juillet 2022, le Conseil des ministres de la CEDEAO le sacre premier lors du processus de recrutement. Pourtant, quelques jours plus tard, une décision secrète du même organe – poussée par le Bénin – l’écarte au profit du deuxième classé, le Dr Aïssi. Pourquoi ? Des "raisons de politique interne", jamais détaillées. Une manœuvre qui relègue Mongbo au rang de victime collatérale.
La justice démasque l’arbitraire La Cour ne s’est pas contentée d’annuler l’éviction. Elle a démantelé les arguments de la CEDEAO :
- Son recrutement respectait les règles. La décision du 19 juillet 2022 était valide.
- Son licenciement était illégal, car fondé sur une décision postérieure et non justifiée.
- Même le plaidoyer de Me Mamadou Traoré, avocat burkinabè, a été validé malgré l’exclusion du Burkina Faso de la CEDEAO. La Cour a invoqué le traité de l’UEMOA, permettant à tout avocat d’un État membre de plaider devant elle.
Un précédent dangereux : la justice communautaire rappelle aux États que personne n’est au-dessus des règles, même dans les affaires internes.
35 millions pour réparer l’humiliation La peine est lourde : 25 millions pour le préjudice matériel (salaire perdu, carrière brisée), 10 millions pour le préjudice moral (licenciement sans cause). Un montant symbolique ? Peut-être. Mais un message clair : l’arbitraire a un prix.
La Cour a aussi refusé de liquider son indemnité de cessation de service – un détail technique qui renforce l’idée d’une injustice structurelle. Pire : elle donne un mois à la CEDEAO pour exécuter le jugement, sous peine de dépens à sa charge. Une pression rare sur une institution souvent perçue comme inaccessible.
Et maintenant ? La CEDEAO peut-elle se permettre de résister ? Ce verdict pose une question embarrassante : la CEDEAO peut-elle encore imposer ses décisions sans contrôle ? Le cas Mongbo révèle les failles d’un système où les États membres, surtout les plus influents, bafouent les procédures au nom de leurs intérêts.
Le Bénin, principal accusé, reste muet. Mais la justice a ouvert une brèche. Si un simple directeur général peut faire plier la CEDEAO, que dire des citoyens ? La région doit-elle craindre que ce jugement ne devienne un précédent pour d’autres lésés ?
Une chose est sûre : l’OOAS et ses dirigeants ne seront plus jamais les mêmes. La justice a parlé. Et elle a gagné.