La question de la souveraineté sur les présides de Ceuta et Melilla demeure un point de friction majeur dans les relations entre le Maroc et l'Espagne. Nizar Baraka, secrétaire général du parti de l'Istiqlal et ministre de l'Équipement et de l'eau, a réitéré l'attachement indéfectible du Royaume à l'intégrité de son territoire, tout en reconnaissant le caractère stratégique du partenariat liant les deux pays voisins.
Une ligne de conduite réaffirmée à Rabat
Lors d'une réunion officielle à Rabat, Nizar Baraka a clarifié la position de sa formation politique. Tout en qualifiant l'Espagne de partenaire essentiel, il a souligné que cette coopération ne saurait occulter les revendications territoriales marocaines. Cette déclaration s'inscrit dans un contexte de tensions diplomatiques accrues, alimentées par les prises de parole successives de plusieurs membres du gouvernement marocain, dont le ministre de la Justice, Abdellatif Ouahbi, et le ministre des Habous et des affaires islamiques, Ahmed Toufiq, sur l'identité marocaine des deux enclaves.
La réaction diplomatique de Madrid
Face à ces déclarations, le gouvernement espagnol a manifesté son mécontentement par la voie diplomatique. Le Premier ministre Pedro Sánchez a confirmé la convocation du chargé d'affaires de l'ambassade du Maroc à Madrid, Abderrahim Radi, le 21 août dernier. Cette démarche visait à rejeter formellement les propos tenus par les ministres marocains, qualifiés d'inacceptables par les autorités espagnoles.
L'intégrité territoriale comme point de divergence
Pour Madrid, la souveraineté sur Ceuta et Melilla constitue une ligne rouge infranchissable. Pedro Sánchez a réaffirmé devant le Congrès des députés que les deux villes demeureraient espagnoles, tout en insistant sur la nécessité de maintenir une collaboration étroite avec Rabat, particulièrement sur les enjeux de sécurité et de gestion des flux migratoires. Si le partenariat bilatéral reste une priorité pour les deux capitales, la question des présides continue de peser sur le dialogue politique, illustrant la complexité de maintenir une coopération stable tout en défendant des positions nationales divergentes sur des enjeux de souveraineté historique.