Une coalition de quatre‑vingt‑dix organisations de la société civile a adressé une lettre au président de la République, demandant au gouvernement de transition d’intensifier la lutte contre les incendies de forêt et de renforcer la répression des trafics de ressources naturelles à Madagascar.
Une mobilisation sans précédent de la société civile
Les ONG, actives depuis plusieurs années dans la protection des forêts, de la faune et des ressources minérales, ont rendu publique leur missive début septembre. Elles y soulignent que les feux de forêt, qui se multiplient chaque saison sèche, menacent non seulement la biodiversité unique du pays mais aussi les moyens de subsistance de milliers de communautés rurales. Le texte, signé par 90 associations, constitue une première prise de parole collective de cette ampleur depuis la mise en place du gouvernement de transition.
Feux de forêt : un fléau qui s’intensifie
Selon les données du ministère de l’Environnement, les incendies ont déjà dévasté plus de 200 000 hectares en 2023, un chiffre en hausse de 30 % par rapport à l’année précédente. Les experts pointent du doigt la combinaison d’une sécheresse prolongée, de pratiques agricoles traditionnelles (brûlis) et d’une surveillance insuffisante. Les ONG réclament la création d’équipes spécialisées, l’achat de matériel de lutte (avions de retardement, véhicules tout‑terrain) et la mise en place de programmes de sensibilisation auprès des agriculteurs.
Trafic de bois, minerais et tortues : un appel à la justice
Parallèlement aux incendies, les organisations dénoncent la persistance de trafics illégaux de bois précieux, de minerais (nickel, cobalt) et de tortues marines, qui alimentent des réseaux criminels transnationaux. Elles demandent aux autorités judiciaires d’appliquer des peines plus sévères et d’accélérer les procédures contre les contrevenants. Le texte souligne que ces activités illégales sapent les engagements de Madagascar en matière de conventions internationales sur la biodiversité et les changements climatiques.
Implications pour la transition politique
Le gouvernement de transition, qui a promis de renforcer la gouvernance environnementale, se retrouve sous la pression d’une société civile organisée. Les ONG insistent sur la nécessité d’intégrer les objectifs climatiques dans le plan de relance économique, afin d’éviter que la récupération rapide des ressources naturelles ne compromette les réformes en cours. Elles proposent également la mise en place d’un observatoire multipartite pour suivre l’évolution des incendies et des trafics, garantissant ainsi transparence et responsabilité.