Nigeria : une ONG exige l'abandon des poursuites contre une journaliste à Kaduna

Par Rédaction KUMBA 2 min de lecture 4 lectures
Nigeria : une ONG exige l'abandon des poursuites contre une journaliste à Kaduna

Le Legal Defence and Assistance Project (LEDAP) a officiellement demandé l'abandon des poursuites pénales engagées contre Farida Isiak, une journaliste de 23 ans exerçant à Kaduna. Cette affaire, qui met en lumière des pratiques policières contestées et des failles dans le processus judiciaire, soulève des inquiétudes majeures sur le respect des libertés fondamentales au Nigeria.

Des méthodes policières sous haute surveillance

L'affaire a débuté par un différend mineur concernant une transaction commerciale, mais a rapidement pris une tournure politique. Selon les éléments rapportés, la police aurait procédé à l'arrestation des parents de la journaliste pour la contraindre à se présenter au commissariat, une pratique dite d'« arrestation par procuration » formellement prohibée par la loi nigériane sur la police de 2020. Farida Isiak affirme avoir été contrainte de supprimer une publication Facebook critiquant le commissaire de police local et de présenter des excuses pour obtenir la libération de ses proches, avant d'être elle-même placée en détention.

Irrégularités dans la procédure judiciaire

Le LEDAP pointe également du doigt le déroulement du procès initial devant un tribunal de la Charia à Kawo. La journaliste y a été condamnée à quatre ans d'emprisonnement ou à une amende de 1,75 million de nairas, le tout en l'absence de ses conseils juridiques. Cette absence soulève des questions critiques sur le droit à un procès équitable et la capacité de l'accusée à assurer sa défense. Suite à l'intervention de son avocat, Mukhtar Abubakar, la condamnation a été annulée, permettant à la journaliste de plaider non coupable et d'obtenir une liberté sous caution.

Exigence d'impartialité et de responsabilité

L'organisation de défense des droits humains réclame désormais une enquête indépendante et transparente sur les agissements des officiers impliqués, soulignant un conflit d'intérêts manifeste : le commissaire de police visé par la critique de la journaliste aurait été directement impliqué dans l'enquête menée contre elle. Le LEDAP insiste sur le fait que les institutions publiques ne doivent pas être instrumentalisées pour régler des griefs personnels ou museler la liberté d'expression. L'ONG appelle les autorités nigérianes à garantir l'intégrité du processus judiciaire et à protéger les journalistes contre toute forme d'intimidation ou de représailles liées à l'exercice de leur métier.

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