Le Nigeria maintient une ligne intransigeante face au terrorisme : aucun dialogue avec les groupes armés. Cette position, réaffirmée lors du sommet extraordinaire de l’Union africaine à Luanda, s’inscrit dans une stratégie régionale de lutte contre l’extrémisme violent et les coups d’État.
Une doctrine anti-négociation portée par Abuja
Lors du 21e sommet extraordinaire de l’Union africaine, la ministre nigériane des Affaires étrangères, Bianca Odumegwu-Ojukwu, a martelé la position de son pays : « Le seul langage que comprennent les terroristes est celui de la défaite ». Cette déclaration s’appuie sur une conviction ferme : les groupes armés ne répondent ni à la médiation, ni à la compassion, ni à la raison. Le Nigeria, engagé dans une guerre contre le terrorisme sur son sol, exclut toute forme de négociation avec ces acteurs, privilégiant une réponse militaire sans concession.
Le vice-président Kashim Shettima, représentant le président Bola Tinubu, a réitéré cette ligne lors de l’événement, soulignant l’engagement total du gouvernement dans cette lutte. « La guerre contre le terrorisme n’est pas un combat que ce président mène avec des gants de velours », a-t-il déclaré, insistant sur la détermination de l’exécutif à éradiquer la menace.
Luanda : un sommet pour unifier les réponses africaines
Le sommet de Luanda avait pour objectif principal de renforcer les mécanismes de prévention des conflits et de lutte contre le terrorisme en Afrique. Les discussions ont porté sur la nécessité de réguler les flux financiers liés à l’extrémisme violent, ainsi que sur l’augmentation des contributions au Fonds africain pour la paix, actuellement fixé à 405 millions de dollars et dont le relèvement à 1 milliard est envisagé.
Le Nigeria, par la voix de sa délégation, a insisté sur deux priorités : le rejet absolu des changements anticonstitutionnels de gouvernement et le soutien à la recapitalisation du Fonds. Ces positions s’inscrivent dans une volonté de stabiliser le continent, où les coups d’État et les groupes armés menacent la sécurité collective.
Implications pour la sécurité régionale
En refusant toute forme de dialogue avec les terroristes, le Nigeria envoie un signal fort à ses partenaires africains. Cette approche, bien que controversée, s’aligne sur les recommandations de l’UA visant à privilégier les solutions militaires pour venir à bout des groupes armés. Cependant, elle soulève des questions sur les alternatives possibles, notamment en matière de prévention et de réinsertion des combattants.
Le sommet de Luanda pourrait ainsi devenir un laboratoire pour tester l’efficacité des stratégies africaines contre le terrorisme. Le Nigeria, en tant que puissance régionale, joue un rôle clé dans cette dynamique, mais son intransigeance risque de cristalliser les débats sur l’équilibre entre fermeté et solutions négociées.