La Commission nationale des frontières (NBC) du Nigeria peine à finaliser le tracé des limites administratives entre plusieurs États, notamment entre Edo et Kogi, ainsi qu'entre Abia et Anambra. Ces différends, alimentés par la disparition de repères historiques et la résistance des communautés locales, soulèvent des enjeux majeurs de gouvernance et de stabilité territoriale.
L'effacement des repères historiques
Le différend entre les États d'Edo et de Kogi trouve ses racines dans l'avis juridique n° 126 de 1954, qui définissait la frontière entre les anciennes régions du Nord et de l'Ouest. Selon Adamu Adaji, directeur général de la NBC, la disparition physique des points de repère mentionnés dans ces documents d'époque rend le traçage technique extrêmement complexe. Cette imprécision a ouvert la voie à des interprétations divergentes, chaque partie revendiquant des zones spécifiques, malgré les tentatives de résolution entamées dès 2006.
La résistance des communautés locales
Même lorsqu'un tracé est techniquement validé et approuvé par le Comité interne des frontières, sa mise en œuvre sur le terrain se heurte à une forte opposition. Les communautés riveraines, notamment dans les zones d'Ogori–Ekpedo, Okene–Okpella et l'axe d'Ake, contestent les lignes proposées, arguant qu'elles ne correspondent pas à leur réalité historique ou foncière. L'introduction récente de nouveaux éléments, tels que des jugements de tribunaux jusque-là inconnus de la commission, contraint les autorités à reprendre les négociations pour éviter toute escalade.
Progrès et enjeux de cohabitation
À l'inverse, le dossier Abia-Anambra montre des signes de progression, avec 15 kilomètres délimités sur un total de 23. Malgré des liens culturels et linguistiques étroits, les huit kilomètres restants demeurent une zone de friction, où les accusations d'annexion de terres par le développement d'infrastructures persistent. Pour la NBC, l'enjeu est désormais de dissocier la gestion administrative de la propriété privée. Adamu Adaji insiste sur le fait que les frontières ne doivent pas entraver le droit de propriété ou la libre circulation des citoyens, appelant les institutions traditionnelles et locales à privilégier la coopération plutôt que le conflit, afin de garantir la sécurité des populations vivant le long de ces corridors.