Nigeria : l'économie du kidnapping génère des milliards de nairas au profit des groupes terroristes

Par Rédaction KUMBA 2 min de lecture 40 lectures
Nigeria : l'économie du kidnapping génère des milliards de nairas au profit des groupes terroristes

Entre juillet 2025 et juin 2026, le Nigeria a été le théâtre de 1 411 incidents de kidnapping, impliquant 7 825 victimes. Ce phénomène, qui s'est mué en une véritable « économie du rapt », a engendré le paiement de 7,78 milliards de nairas en rançons, une somme dont l'écrasante majorité a été captée par une faction de Boko Haram.

La concentration financière des rançons

Bien que le montant total des rançons exigées ait diminué par rapport à l'année précédente, le montant effectivement versé a plus que triplé, atteignant 7,78 milliards de nairas. Cette hausse spectaculaire s'explique par la stratégie de la faction Jama’atu Ahlis Sunna Lidda’awati Wal-Jihad (JAS) de Boko Haram. En seulement huit opérations majeures, dont l'enlèvement de centaines d'élèves à Papiri et de civils à Ngoshe, le groupe a accaparé 90 % des fonds totaux, soit 7 milliards de nairas.

Une insécurité généralisée sur le territoire

Le rapport souligne une prévalence alarmante des enlèvements dans le Nord du pays, qui concentre 85 % des cas et 96 % des décès civils. Le Nord-Ouest arrive en tête des zones les plus touchées, avec l'État de Zamfara en épicentre, suivi par le Nord-Central et le Nord-Est. Si le Sud du pays est moins impacté en volume, il fait face à une mosaïque de menaces distinctes, allant de la piraterie aux tensions séparatistes et au banditisme local.

Le décalage des capacités opérationnelles

L'analyse met en lumière une disparité frappante dans la réponse sécuritaire de l'État. Sur 1 411 incidents recensés, seules 302 opérations anti-kidnapping ont été menées. Le document pointe un déséquilibre opérationnel : alors que les forces de sécurité dans le Sud-Sud semblent plus enclines à l'offensive, des zones durement frappées comme Zamfara n'ont enregistré que quatre opérations sur toute l'année. Ce constat illustre la difficulté des autorités locales à endiguer une crise qui, par son ampleur, dépasse largement les capacités de réponse actuelles des forces de l'ordre.

Bilan humain et sécuritaire

Au-delà des enjeux financiers, le coût humain demeure tragique avec 963 personnes tuées au cours de cette période, incluant 68 agents des forces de sécurité. Les affrontements armés ont également conduit à la neutralisation de 179 terroristes, soulignant la violence persistante des zones de conflit où le banditisme et l'insurrection s'entremêlent désormais étroitement.

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