Le gouvernement nigérian franchit une étape décisive dans la mise en œuvre de sa réforme sécuritaire majeure. Le groupe de travail présidentiel, dirigé par Femi Gbajabiamila, a officiellement entamé la rédaction du projet de loi sur la police d'État, intégrant désormais les nombreuses contributions recueillies lors d'une vaste consultation nationale.
Un processus de rédaction collaboratif
Le travail législatif est mené par des experts nommés par le ministère fédéral de la Justice, qui ont débuté leur première phase de rédaction dans le cadre d'un calendrier strict de sept semaines. Cette étape s'appuie sur les orientations stratégiques fournies par le Comité consultatif politique (PAC), présidé par le juge à la retraite Mohammed Liman. Parallèlement, le groupe de travail procède à l'examen minutieux des mémoires et documents de position transmis par des institutions, des organisations de la société civile et des experts en sécurité, garantissant ainsi que le texte final reflète les attentes exprimées par les citoyens.
Vers une structure policière duale
L'objectif central de ce projet de loi est d'établir le cadre constitutionnel et législatif nécessaire à l'instauration d'un système de police à deux niveaux au Nigeria. Ce modèle prévoit la coexistence d'un service de police fédéral et de services de police d'État. Pour assurer l'efficacité et la légitimité de ce nouveau dispositif, le texte en préparation intègre des mécanismes de contrôle, des garanties institutionnelles et des dispositifs de reddition de comptes rigoureux.
Une consultation publique prolongée
Afin de maximiser la représentativité des avis recueillis, le groupe de travail avait consenti à une extension du délai de soumission des contributions. Cette fenêtre de participation citoyenne, qui a suscité un intérêt marqué de la part des professionnels et du public, doit s'achever le 21 août. Une fois cette phase close, le groupe de travail poursuivra ses travaux de rédaction avec pour ambition de soumettre une proposition complète au président Bola Tinubu. Ce document servira de base à un nouveau projet de loi qui sera ultérieurement transmis à l'Assemblée nationale, laquelle a déjà validé, par le biais de ses deux chambres, le principe d'un amendement constitutionnel autorisant la création de ces polices locales.