Le Nigeria Democratic Congress (NDC) a formellement accusé la Commission électorale nationale indépendante (INEC) de manipuler les listes de candidats pour les élections générales de 2027. Le parti dénonce l'insertion de noms inconnus de ses instances dirigeantes, une pratique qui, selon ses responsables, menace la transparence du scrutin et la stabilité interne des formations politiques.
Des investitures contestées à Anambra
Le président national du NDC, Moses Zuwoghe, a publiquement dénoncé l'apparition de noms non autorisés sur le portail de l'INEC, notamment pour les sièges à l'Assemblée de l'État d'Anambra. Selon le parti, dix candidats ont été imposés sans l'aval de la direction, alors même que ces circonscriptions sont stratégiques, étant le fief du candidat à la présidentielle du parti, Peter Obi. Le NDC affirme que ces individus n'ont jamais été sélectionnés lors des primaires internes et que leur présence sur les listes officielles constitue une manœuvre de sabotage.
Le fonctionnement du portail électoral en question
La direction du NDC explique que, malgré la finalisation d'une liste consensuelle après les processus d'appel, le système de gestion en ligne de l'INEC a bloqué plusieurs noms. Le parti soutient que l'institution électorale a outrepassé ses prérogatives en collectant directement les formulaires EC-9 auprès de ces candidats, court-circuitant ainsi les procédures internes du parti. Pour le NDC, cette ingérence technique et administrative s'apparente à une tentative d'intimidation visant à fragiliser l'opposition.
La réponse de la commission électorale
De son côté, l'INEC rejette fermement ces allégations. Son porte-parole, Mohammed Haruna, a précisé que la commission se base exclusivement sur les procès-verbaux signés par les représentants du parti et les observateurs de l'INEC présents sur le terrain lors des primaires. Selon l'institution, le système informatique est conçu pour rejeter toute modification qui divergerait des résultats initialement enregistrés par ses agents. L'INEC suggère que les incohérences dénoncées par le NDC pourraient résulter de conflits internes ou de procédures de recours non notifiées officiellement à la commission.
Vers une bataille judiciaire
Face à ce qu'il qualifie de « méfait » institutionnel, le NDC a annoncé son intention de saisir les tribunaux pour faire annuler ces candidatures imposées. Le parti appelle ses partisans à la vigilance, affirmant que ces individus ne représentent en aucun cas sa ligne politique. Ce différend souligne les tensions persistantes autour de la gestion numérique des candidatures au Nigeria, un enjeu crucial pour la crédibilité des prochaines échéances électorales.