L'Agence nationale pour l'interdiction de la traite des personnes (NAPTIP) au Nigeria a annoncé le sauvetage de plus de 180 enfants, victimes de réseaux criminels se faisant passer pour des organisations de la société civile. Ces groupes exploitaient la vulnérabilité de familles déplacées par l'insécurité en leur promettant un accès à l'éducation, à la nourriture et à un logement.
Un mode opératoire fondé sur la tromperie
Les investigations révèlent que les trafiquants infiltrent des zones marquées par des conflits, notamment dans les États de Benue, Kaduna et Nasarawa. Sous couvert de programmes « Back-to-School », ils obtiennent la confiance des parents en promettant une prise en charge complète de leurs enfants. En réalité, ces mineurs sont acheminés vers des orphelinats à Abuja ou ailleurs, où ils sont ensuite vendus à des tiers, parfois sous le couvert de procédures d'adoption illégales ou pour servir de main-d'œuvre domestique.
L'infiltration des réseaux associatifs
La directrice générale du NAPTIP, Binta Adamu Bello, a exprimé sa vive préoccupation face à l'instrumentalisation du secteur associatif. Des individus malveillants utilisent la crédibilité d'organisations légitimes pour accéder aux populations les plus fragiles. L'agence a notamment identifié des liens entre ces opérations et certains membres de structures comme le Conseil national des défenseurs des droits de l'enfant du Nigeria (NACCRAN). Face à cette menace, le NAPTIP appelle les instances représentatives de la société civile à mener un assainissement interne pour exclure les éléments criminels.
Des opérations de sauvetage complexes
Le déploiement d'une unité spéciale au sein du NAPTIP a permis de localiser des enfants disparus depuis plusieurs années, à l'instar d'un mineur retrouvé six ans après son enlèvement. Les enquêtes ont également mis en lumière des transactions financières illicites, comme le cas d'une infirmière à Onitsha ayant « acquis » un enfant auprès d'un orphelinat contre une somme importante. À ce jour, sur les 105 enfants identifiés dans le cadre spécifique des opérations menées dans l'État de Benue, 101 ont pu être réunis avec leurs familles.
La poursuite des réseaux criminels
Le NAPTIP a lancé une traque active contre les suspects identifiés lors de ses investigations. L'agence réaffirme sa volonté de traduire en justice les responsables de ces réseaux, tout en renforçant la surveillance des structures d'accueil. Ce dossier souligne l'urgence d'une vigilance accrue dans les zones de conflit, où la détresse sociale est devenue un levier pour des activités criminelles organisées ciblant les mineurs.