La Commission des crimes économiques et financiers (EFCC) a levé le gel imposé sur les comptes bancaires du gouvernement de l'État d'Osun, suite à une directive directe du président nigérian Bola Tinubu. Cette décision met un terme à une crise institutionnelle qui avait éclaté à l'approche du scrutin gubernatorial, alors que l'administration locale contestait fermement la légitimité de cette mesure.
Le contexte d'une saisie controversée
Le 5 août dernier, l'EFCC avait restreint l'accès aux comptes de l'État d'Osun, notamment ceux domiciliés auprès de First Bank et de Zenith Bank. L'agence fédérale justifiait cette mesure par une enquête en cours sur des allégations de détournement de fonds publics, portant sur un montant estimé à 11 milliards de nairas. Ces fonds concernaient divers dispositifs, dont les fonds d'écologie et les allocations issues du Comité fédéral d'allocation des comptes (FAAC). Cette intervention, survenue à seulement dix jours de l'élection, avait suscité une vive polémique, l'administration du gouverneur Adeleke dénonçant une manœuvre politique visant à entraver sa campagne électorale.
L'arbitrage du pouvoir exécutif
Face à l'escalade des tensions, le président Bola Tinubu est intervenu pour exiger la levée immédiate de la restriction, qualifiant l'action de l'EFCC d'« embarrassante ». Selon Temitope Ajayi, assistant spécial du président, la commission n'était pas en mesure de passer outre cette injonction présidentielle. L'effet a été immédiat : les comptes sont désormais opérationnels, permettant à nouveau les transactions courantes nécessaires au fonctionnement des services publics de l'État.
Désescalade judiciaire et perspectives
En réaction au gel initial, le gouvernement d'Osun avait engagé une procédure judiciaire contre l'EFCC. Cependant, suite à la réélection du gouverneur Adeleke le 15 août et à l'intervention du chef de l'État, le gouvernement a choisi d'apaiser les relations institutionnelles. Le gouverneur a ainsi ordonné au procureur général de l'État de retirer la plainte déposée contre la commission. Si cette levée de fonds marque la fin du contentieux immédiat, l'EFCC n'a pas communiqué publiquement sur l'état actuel de son enquête concernant les 11 milliards de nairas, laissant en suspens la question de la poursuite des investigations sur la gestion financière de l'État.