Le Comité des services judiciaires du Territoire de la capitale fédérale (FCT JSC) à Abuja est au cœur d'un scandale financier majeur. Un rapport de l'Auditeur général de la Fédération pour 2024 pointe des infractions systématiques aux lois sur les marchés publics et aux règlements financiers, totalisant près de 979,1 millions de nairas de dépenses opaques pour l'exercice 2023.
Des contrats passés en marge de la légalité
L'audit met en lumière une gestion marquée par une absence totale de transparence. Près de 866,5 millions de nairas ont été engagés dans des conditions irrégulières, incluant l'attribution de marchés à des entreprises inactives ou non qualifiées, et l'achat de véhicules auprès de fournisseurs non accrédités par l'État. Plus grave encore, des travaux de rénovation estimés à 174,2 millions de nairas ont été réalisés sans appel d'offres concurrentiel, en violation directe des dispositions de la loi sur les marchés publics de 2007.
Fractionnement de marchés et opacité administrative
Les enquêteurs ont relevé des pratiques de fractionnement de contrats, notamment pour l'achat de matériel informatique, afin de contourner les seuils d'approbation réglementaires. Cette stratégie, couplée à l'absence de documents justificatifs — tels que les certificats fiscaux ou les preuves de qualification des prestataires — suggère un risque élevé de détournement de fonds publics et de favoritisme. Dans plusieurs cas, aucune preuve de réalisation effective des prestations n'a pu être fournie par l'institution.
Des zones d'ombre sur la masse salariale
Au-delà des contrats d'infrastructure et de services, le rapport souligne une anomalie concernant 112,6 millions de nairas liés à des bordereaux de salaires. L'incapacité du FCT JSC à présenter les pièces justificatives pour 93 entrées de paiement fait craindre l'existence de « travailleurs fantômes » au sein de l'administration judiciaire, une pratique qui contrevient aux règlements financiers en vigueur.
Absence de réponse et recommandations de l'audit
Face à ces conclusions accablantes, le Comité des services judiciaires est resté silencieux, ne répondant à aucune des requêtes formulées par les auditeurs. L'Auditeur général de la Fédération a formellement recommandé à la secrétaire exécutive du FCT JSC, Omolola Akindele, de justifier l'usage de ces fonds et de procéder au recouvrement des sommes indûment versées. Le dossier a été transmis aux commissions des comptes publics de l'Assemblée nationale, qui pourraient imposer des sanctions en cas de non-conformité persistante.