À l'approche des élections générales de 2027 au Nigeria, l'évêque Josiah Idowu-Fearon, figure influente du dialogue interreligieux, appelle les citoyens à redéfinir leurs critères de choix politique. Il exhorte l'électorat à privilégier l'intégrité, la compétence et le sens du bien commun plutôt que l'identité confessionnelle des candidats.
L'intégrité au-dessus de l'appartenance religieuse
Pour l'ancien secrétaire général de la Communion anglicane mondiale, le Nigeria ne souffre pas d'un manque de dirigeants musulmans ou chrétiens, mais d'un déficit de leaders pratiquant réellement les valeurs morales de leur foi. Selon lui, ni l'islam ni le christianisme ne cautionnent la corruption ou le tribalisme. Il insiste sur la nécessité d'évaluer les prétendants aux postes de gouverneurs, sénateurs ou ministres sur la base de leur caractère et de leur bilan, plutôt que sur leur étiquette religieuse, une approche qu'il juge essentielle pour assainir la vie publique.
La responsabilité des leaders religieux
L'évêque met en garde ses pairs, imams comme prêtres, contre une proximité excessive avec la classe politique. Il souligne que la dépendance financière envers les élus compromet l'autorité morale des chefs religieux, les rendant incapables de porter une parole de vérité. Il préconise que ces derniers se limitent à éduquer les citoyens sur leurs responsabilités civiques, sans jamais dicter le sens du vote, tout en encourageant la tenue de débats publics pour confronter les programmes des candidats.
Une économie sous tension
Au-delà des enjeux électoraux, le religieux interpelle le gouvernement fédéral sur la réalité de la précarité économique. Il conteste le discours officiel qui tend à minimiser les difficultés quotidiennes des ménages, citant l'inflation galopante sur les produits de première nécessité et les difficultés d'accès à l'énergie. Il appelle les autorités à une transparence accrue sur l'utilisation des ressources publiques et à une communication honnête sur les mesures concrètes déployées pour soulager le pouvoir d'achat des populations.
Le défi de la cohésion sociale à Kaduna
Évoquant la situation dans l'État de Kaduna, l'évêque Idowu-Fearon salue le retour à un équilibre politique entre chrétiens et musulmans, une configuration qu'il juge adaptée aux réalités sociologiques locales. Il plaide pour que les chiffres démographiques ne soient plus instrumentalisés à des fins de compétition religieuse. Son message central reste celui de la dignité humaine : au-delà des appartenances, il exhorte les Nigérians à se reconnaître mutuellement comme des êtres humains dotés d'honneur, une valeur qu'il considère comme le socle indispensable pour bâtir une nation plus stable et solidaire.