La décision de la Haute Cour fédérale d'Abuja d'invalider le comité exécutif de l'African Democratic Congress (ADC), dirigé par le sénateur David Mark, provoque une onde de choc au sein de la classe politique nigériane. En annulant les actes de cette direction, dont la primaire présidentielle ayant désigné Atiku Abubakar pour 2027, la justice fragilise l'organisation interne de l'un des principaux partis d'opposition.
Une décision judiciaire aux conséquences électorales
Le juge Peter Lifu a rendu ce verdict suite à une plainte déposée par Nafiu Bala Gombe, ancien vice-président national du parti. Ce dernier contestait la légalité du processus ayant porté David Mark à la tête de la formation après la démission de Ralph Nwosu. En validant les arguments du plaignant, la Cour a non seulement destitué l'exécutif en place, mais a également remis en cause la légitimité des décisions prises sous son mandat, plaçant le candidat Atiku Abubakar dans une situation d'incertitude juridique majeure à l'approche des échéances électorales.
L'opposition dénonce une manœuvre politique
Atiku Abubakar a vivement réagi, qualifiant cette décision de stratégie orchestrée par le parti au pouvoir, l'All Progressives Congress (APC), pour entraver sa campagne et affaiblir son assise électorale, particulièrement dans le Nord. L'ancien vice-président, qui a annoncé son intention de faire appel, dénonce une tentative de contourner un précédent jugement qui avait pourtant validé la direction de David Mark. De son côté, Peter Obi a exprimé son inquiétude face à cette instabilité, exhortant la justice à préserver l'espace démocratique et à garantir que les choix des électeurs priment sur les querelles juridiques.
Vers une fragilisation du pluralisme démocratique ?
La Coalition of United Political Parties (CUPP) et le Social Democratic Party (SDP) ont également haussé le ton, alertant sur le risque d'une dérive vers un système à parti unique. Pour ces formations, l'usage de technicalités juridiques pour déstabiliser les structures de l'opposition menace la compétitivité du scrutin de 2027. Alors que le SDP renforce ses propres stratégies internes, ces acteurs politiques appellent à une vigilance accrue de la part des institutions, craignant que l'instrumentalisation du droit ne finisse par éroder la confiance des citoyens dans le processus électoral nigérian.
La riposte juridique de l'ADC
Face à cette invalidation, l'ADC a officiellement annoncé son intention de porter l'affaire devant la Cour d'appel. Nkemakolam Ukandu, secrétaire national au bien-être du parti, a confirmé que la formation contestera le verdict, cherchant ainsi à restaurer la continuité de ses opérations et à protéger la candidature d'Atiku Abubakar contre ce qu'il considère comme une manœuvre visant à exclure le parti de la course présidentielle.