Nigeria : la suspension d'un professeur d'Abia State University levée, mais l'enquête se poursuit

Par Rédaction KUMBA 3 min de lecture 28 lectures
Nigeria : la suspension d'un professeur d'Abia State University levée, mais l'enquête se poursuit

L'Université d'État d'Abia (ABSU), dans le sud-est du Nigeria, a levé la suspension du professeur d'économie Nnamdi Nwaeze, sanctionné pour avoir publiquement affirmé que ses collègues docentes gagnaient moins que les chauffeurs de tricycles. La décision, prise après l'intervention du gouverneur de l'État d'Abia, n'éteint toutefois pas la procédure disciplinaire engagée contre lui.

Un retour qualifié de « répit momentané »

Dans un courrier daté du 3 septembre et signé par la registraire par intérim Joy Nwankwo, la direction de l'ABSU indique avoir accédé à une demande écrite de la section locale du syndicat des enseignants universitaires (ASUU-ABSU). La levée de suspension est effective immédiatement, tout en restant « sans préjudice » du panel d'enquête constitué pour examiner les accusations de faute professionnelle. Le rapport final de cette instance reste attendu par la hiérarchie.

Le professeur Nwaeze, qui enseignait au sein de la Faculté d'économie et de sciences de gestion, avait été sanctionné à la suite d'une publication Facebook remontant à août, dans laquelle il affirmait que les professeurs de l'ABSU percevaient moins de 400 000 nairas de salaire mensuel. Le message s'inscrivait dans le contexte de la grève alors déclenchée par ASUU-ABSU, qui revendiquait une amélioration des conditions de rémunération et de travail dans les universités publiques.

Le gouverneur Alex Otti remercié pour son intervention

Sur sa page Facebook, l'enseignant a remercié les Nigérians qui ont soutenu sa cause, estimant que leur mobilisation a permis ce qu'il qualifie de « victoire momentanée ». Il a attribué ce dénouement à l'intervention du gouverneur de l'État d'Abia, Alex Otti, tout en l'appelant à faire cesser ce qu'il considère comme des pressions dirigées contre lui.

Le professeur n'a pas caché sa méfiance : selon lui, la levée de suspension constitue un « cadeau grec » destiné, d'une part, à empêcher ASUU-ABSU de reprendre sa grève suspendue à l'expiration de l'ultimatum fixé au 4 septembre, et d'autre part, à laisser à la direction le temps de chercher d'autres motifs de sanction.

Un cas emblématique des tensions autour de la liberté d'expression

L'affaire dépasse le seul sort d'un enseignant. Elle relance le débat sur la place de la critique publique dans les universités publiques nigérianes et sur la capacité des syndicats à protéger les voix dissidentes. ASUU-ABSU a, par son recours écrit, obtenu un premier résultat, mais le professeur reste sous le coup d'une procédure dont l'issue dépendra du rapport d'enquête.

Nwaeze a affirmé avoir été soumis à plusieurs panels d'examen au cours des deux à trois dernières années, sans qu'aucun ne l'ait jusqu'ici mis en cause. Il évoque un « harcèlement politiquement orchestré » et dit disposer des ressources juridiques nécessaires pour se défendre. Il a également indiqué prendre des « mesures légales » pour garantir sa sécurité au sein de l'université et dans l'État d'Abia, un point à suivre dans les prochaines semaines alors que le rapport disciplinaire est attendu.

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