Nigeria : La réforme fiscale harmonise les prélèvements et dope les recettes nationales

Par Rédaction KUMBA 3 min de lecture 25 lectures
Nigeria : La réforme fiscale harmonise les prélèvements et dope les recettes nationales

Le Nigeria engage une transformation profonde de son architecture fiscale pour mettre fin à la fragmentation des prélèvements et renforcer la mobilisation des ressources nationales. Cette réforme, qui vise à simplifier les obligations des citoyens et des entreprises, a déjà permis une hausse significative des revenus publics tout en allégeant la pression sur les contribuables à faible revenu.

Rationalisation des prélèvements et fin des tracasseries

La mise en œuvre de la nouvelle législation fiscale marque un tournant dans la gestion des recettes au niveau des États et des collectivités locales. À ce jour, 18 États ont déjà adopté le modèle harmonisé, réduisant drastiquement le nombre de taxes collectées, passant de plus de 50 postes de recouvrement à seulement neuf sous-catégories. Cette mesure s'accompagne de l'interdiction formelle des collectes en espèces et du démantèlement des points de contrôle routiers dédiés à la perception de l'impôt, des pratiques souvent dénoncées pour leur caractère arbitraire et leur manque de transparence.

Une dynamique de croissance des revenus nationaux

Les chiffres communiqués lors de la 160e réunion du Joint Revenue Board (JRB) à Kaduna témoignent de l'efficacité de cette stratégie. Les recettes nationales ont connu une progression constante, passant de 10,1 billions de nairas en 2023 à 36,8 billions en 2025. Pour le seul premier semestre 2026, les revenus ont atteint 21,6 billions de nairas, soit une augmentation de 49 % par rapport à la même période l'année précédente. Le gouverneur de l'État de Kaduna, Uba Sani, a souligné que ces résultats démontrent la capacité du pays à financer son développement par ses propres ressources domestiques.

Vers une nouvelle relation entre État et contribuable

Au-delà de la performance comptable, l'objectif affiché par les autorités est de restaurer la confiance entre l'administration et les contribuables. La réforme mise sur la digitalisation et la facturation électronique pour limiter les fuites de recettes tout en rendant le système plus prévisible. Selon les autorités, une fiscalité durable ne peut reposer sur la coercition, mais sur la clarté des obligations et la garantie que les fonds collectés sont réinvestis dans le bien public. Cette approche vise à encourager le civisme fiscal, en faisant de la conformité volontaire la norme plutôt que l'exception.

Défis et perspectives de la transition

Si les progrès en matière d'intégration des données et d'harmonisation sont salués, les responsables du JRB appellent à une vigilance constante. L'enjeu pour les prochains mois demeure la résolution des difficultés opérationnelles liées à cette transition administrative. Le succès final de cette réforme sera mesuré par l'amélioration de l'expérience du contribuable et la capacité du système à soutenir durablement l'investissement privé sans entraver l'activité économique des micro-entreprises.

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