La promesse de l'ancien vice-président Atiku Abubakar de rétablir la subvention sur le carburant s'il remporte l'élection présidentielle de 2027 a déclenché une offensive coordonnée de ses adversaires politiques. Cette déclaration, perçue par le parti au pouvoir comme une manœuvre électoraliste, ravive le débat sur la gestion des réformes économiques au Nigeria.
Une volte-face dénoncée par l'APC
Le All Progressives Congress (APC) a vivement réagi par la voix de son secrétaire national à la publicité, Felix Morka. Ce dernier a qualifié la position d'Atiku Abubakar de « désespérée », l'accusant de renier ses engagements passés. En 2023, l'ancien vice-président s'était en effet prononcé en faveur de la suppression de cette subvention. Pour l'APC, ce changement de cap démontre une absence de vision économique alternative et une volonté d'exploiter le mécontentement populaire lié aux difficultés économiques actuelles.
La riposte de la présidence
Le gouvernement actuel a également réfuté les arguments d'Atiku Abubakar, notamment sur la question des économies réalisées. Bayo Onanuga, conseiller spécial du président Bola Tinubu, a souligné que la fin du régime de subvention était une nécessité inscrite dans la loi sur l'industrie pétrolière (Petroleum Industry Act). Il a précisé que le système précédent ne consistait pas en une réserve d'argent disponible, mais en une charge financière que l'État devait absorber pour maintenir des prix artificiellement bas, rendant le retour en arrière techniquement et économiquement incompatible avec la structure actuelle du secteur.
Le doute sur la cohérence politique
Au-delà du parti au pouvoir, le ministre du Territoire de la capitale fédérale, Nyesom Wike, a sévèrement critiqué l'inconstance de l'ancien candidat. Qualifiant ses propositions de « voodoo économie », Wike a rappelé qu'Atiku Abubakar dénonçait lui-même, en 2022, le caractère frauduleux du système de subvention. Cette contradiction est au cœur de la polémique, ses détracteurs estimant que la quête du pouvoir ne devrait pas justifier un tel revirement sur des questions structurelles touchant au bien-être des Nigérians.
L'interrogation d'Atiku sur les fonds
De son côté, Atiku Abubakar maintient sa ligne en questionnant l'utilisation des ressources générées par la suppression de la subvention. Lors d'une intervention publique, il a exigé une transparence accrue sur l'affectation de ces fonds, demandant s'ils avaient réellement servi à améliorer les secteurs de la santé, de l'éducation ou de la sécurité, tout en réitérant son intention de faire rendre des comptes aux responsables de détournements passés.