Nigeria : la justice examine la validité des aveux de l'ex-comptable général dans l'affaire des 109 milliards de nairas

Par Rédaction KUMBA 3 min de lecture 16 lectures
Nigeria : la justice examine la validité des aveux de l'ex-comptable général dans l'affaire des 109 milliards de nairas

La Haute Cour du Territoire de la capitale fédérale à Abuja a mis en délibéré sa décision concernant la recevabilité des déclarations extrajudiciaires d'Ahmed Idris, ancien comptable général de la Fédération. Cette étape juridique cruciale, qui fait suite à quatre années de procédure incidente, déterminera si les preuves recueillies par la Commission des crimes économiques et financiers (EFCC) peuvent être utilisées dans le procès principal pour corruption.

Un litige sur la validité des preuves

Au cœur du débat se trouve la question du caractère volontaire des 14 déclarations signées par M. Idris entre mai et juin 2022. La défense, menée par l'avocat Chris Uche, soutient que ces documents ont été obtenus sous la contrainte et par le biais de promesses indues, demandant au juge Yusuf Halilu de rejeter tant les écrits que les enregistrements vidéo associés. À l'inverse, l'accusation, représentée par Rotimi Jacobs, maintient que les aveux ont été recueillis en présence de témoins et sans aucune pression, exhortant la cour à les admettre comme éléments de preuve.

Quatre ans de blocage judiciaire

L'affaire, qui a débuté par l'arrestation de M. Idris en juin 2022, est marquée par une interruption prolongée du procès au fond. En novembre 2022, le tribunal avait ordonné l'ouverture d'un « procès dans le procès » (trial-within-trial) pour statuer spécifiquement sur la contestation de la défense. Cette procédure, destinée à garantir le respect des droits de l'accusé, a nécessité l'audition de nombreux témoins, dont d'anciens collaborateurs de l'Office du comptable général, venus témoigner des conditions de détention et de signature des documents.

L'ampleur des accusations de détournement

Ahmed Idris est poursuivi aux côtés de trois autres co-accusés pour le détournement présumé de 109,5 milliards de nairas de fonds publics. Les chefs d'accusation incluent également l'acceptation de 15 milliards de nairas de gratification en échange de l'accélération de paiements de droits dérivés au profit d'États producteurs de pétrole. Parallèlement à la procédure pénale, l'EFCC a obtenu des ordonnances de saisie conservatoire sur divers actifs, dont 15 propriétés à Abuja et Kano, ainsi que des sommes en devises, dans le cadre d'une enquête ayant déjà permis, selon l'agence, le recouvrement de plus de 30 milliards de nairas.

Un enjeu de gouvernance publique

La décision attendue du juge Halilu sera déterminante pour la suite du procès. Si les déclarations sont jugées irrecevables, l'accusation devra s'appuyer sur d'autres éléments matériels pour étayer ses 14 chefs d'inculpation. Ce dossier symbolise les efforts de lutte contre la corruption au sein des institutions financières nigérianes, alors que les actifs saisis, incluant des infrastructures commerciales comme le Gezawa Commodity Market, illustrent l'ampleur des détournements reprochés à un haut fonctionnaire ayant occupé des fonctions stratégiques de 2015 à 2022.

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