Le Nigeria fait face à une nouvelle vague d'inflation énergétique après que la raffinerie Dangote a relevé ses prix de vente à la sortie d'usine de 6,7 %. Cette décision, effective depuis le 12 septembre 2026, porte le litre d'essence à 1 350 nairas, exacerbant les tensions sur le coût de la vie et les marges opérationnelles des entreprises.
Un ajustement tarifaire aux répercussions nationales
La hausse annoncée par la raffinerie Dangote, qui fait passer le prix de l'essence de 1 265 à 1 350 nairas par litre, contraint les distributeurs à réévaluer leurs contrats d'approvisionnement. Cette augmentation, justifiée par la volatilité des cours mondiaux du pétrole brut et des coûts logistiques, ne se limite pas aux centres de production. Dans les régions intérieures et le nord du pays, les prix à la pompe pourraient atteindre, voire dépasser, les 1 500 nairas par litre en raison des frais de transport et de distribution accrus.
Une économie sous pression inflationniste
Les experts et acteurs du secteur s'inquiètent des conséquences en cascade de cette décision. Le carburant étant un intrant majeur pour le transport, l'agriculture et les petites entreprises, ce renchérissement menace de réduire davantage le pouvoir d'achat des ménages. Les analystes soulignent que les entreprises, déjà confrontées à des coûts opérationnels élevés, pourraient être contraintes de répercuter ces charges sur les consommateurs finaux, alimentant ainsi une inflation déjà préoccupante.
Appels à une intervention structurelle
Face à cette instabilité, des voix s'élèvent pour réclamer des mesures correctives durables plutôt qu'un retour aux subventions classiques. L'Association des fournisseurs de services pétroliers et gaziers du Nigeria (OGSPAN) préconise un mécanisme de soutien axé sur la production, incluant une allocation optimisée de pétrole brut aux raffineries locales à des conditions compétitives. De son côté, la société civile insiste sur la nécessité de renforcer les filets de sécurité sociale pour les ménages les plus vulnérables et d'accélérer la transition vers des sources d'énergie alternatives, comme le gaz domestique et les énergies renouvelables, pour réduire la dépendance du pays à la volatilité des prix pétroliers internationaux.
La dépendance aux cours mondiaux
La situation actuelle est largement dictée par le contexte géopolitique mondial, notamment les tensions au Moyen-Orient qui maintiennent les prix du baril à des niveaux élevés. Avec un cours du Brent avoisinant les 98,74 dollars, la marge de manœuvre du gouvernement nigérian reste étroite. La persistance de ces chocs externes pourrait, selon les observateurs, freiner la reprise du secteur non pétrolier si aucune stratégie de résilience logistique et énergétique n'est rapidement déployée.