La rentrée académique 2026/2027 dans les collèges fédéraux d'unité des États d'Anambra, d'Ebonyi et d'Enugu est restée lettre morte ce lundi. Face à la volonté du gouvernement fédéral de privatiser ou de concéder la gestion de ces établissements publics, les syndicats d'enseignants ont imposé un blocage total, empêchant l'accès aux campus malgré les directives officielles de reprise.
Un mouvement de contestation contre la privatisation
Le cœur du conflit réside dans l'opposition farouche des syndicats et de nombreux parents d'élèves au projet de concession de ces établissements, à l'instar de ce qui a été entrepris pour le King’s College de Lagos. Pour les opposants, ces collèges constituent un pilier de l'unité nationale et offrent une alternative éducative accessible que le secteur privé ne saurait remplacer. Cette crainte d'une marchandisation de l'éducation publique a conduit les syndicats à durcir le ton, transformant la rentrée en une épreuve de force politique.
Des campus sous verrou syndical
Sur le terrain, la situation est marquée par une fermeture stricte des accès. À Enugu, des membres des syndicats ont activement empêché le personnel et les élèves de pénétrer dans l'enceinte des établissements, verrouillant les portails dès les premières heures. Dans l'État d'Ebonyi, le mot d'ordre est tout aussi clair : l'Academic Staff Union of Secondary Schools a ordonné à ses membres de ne pas se présenter, à l'exception du personnel résident, afin de maintenir une pression constante sur les autorités ministérielles.
L'incertitude plane sur le calendrier scolaire
Alors que les parents se retrouvent pris au dépourvu, contraints de faire demi-tour avec leurs enfants, l'incertitude demeure quant à la date effective de reprise des cours. Les responsables syndicaux, dont Rachael Benson-Ogbu, ont indiqué que le blocage se poursuivrait tant qu'aucune avancée significative ne serait actée lors des négociations avec le ministère fédéral de l'Éducation. Pour les élèves, comme Ijeoma Michael, cette impasse représente une interruption prolongée de leur cursus, soulignant l'urgence d'un compromis entre le gouvernement et les partenaires sociaux pour préserver la continuité du service public d'éducation.