Le Nigeria et les États‑Unis ont conclu mercredi à New York un accord‑cadre destiné à intensifier les investissements américains dans le secteur minier nigérian, un levier clé pour la diversification économique du pays et la sécurisation des chaînes d’approvisionnement en minéraux stratégiques.
Signature à New York et axes prioritaires de l’accord
Le ministre nigérian des minéraux solides, Dele Alake, et le vice‑secrétaire d’État américain, Christopher Landau, ont apposé leurs signatures sur le texte. Le protocole couvre le partage de données géologiques, l’exploration et le développement minier, la transformation des minerais, les infrastructures associées ainsi que le renforcement des compétences techniques locales. Ces volets visent à créer un cadre propice à l’entrée de capitaux étrangers tout en assurant une coopération technique durable.
Un enjeu stratégique pour les chaînes d’approvisionnement en minéraux critiques
L’accord s’inscrit dans la volonté de Washington de diversifier ses sources de minéraux indispensables aux technologies de pointe, notamment les batteries de véhicules électriques et les installations d’énergie renouvelable. En s’appuyant sur le potentiel minier du Nigeria, les États‑Unis cherchent à réduire leur dépendance vis‑à‑vis de fournisseurs traditionnels et à garantir la stabilité des approvisionnements en lithium, cobalt et autres métaux rares.
Nigeria mise sur la valeur ajoutée et la création d’emplois
Selon Alake, le Nigeria ne peut plus se contenter d’être un simple exportateur de matières premières pendant que d’autres en captent la majeure partie de la valeur. Le pays ambitionne de développer des activités de transformation locale, de générer des emplois qualifiés et de renforcer les compétences de sa main‑d’œuvre. Cette orientation s’inscrit dans une stratégie plus large de diversification de l’économie, historiquement dominée par le pétrole, dont la valeur estimée des ressources minérales s’élève à environ 700 milliards de dollars.
Perspectives d’investissement, notamment dans le lithium, face à la concurrence chinoise
Le partenariat espère attirer des investisseurs dans un secteur minier encore peu exploité, avec une attention particulière portée sur le lithium, où les entreprises chinoises sont déjà très actives. En offrant un cadre juridique et technique renforcé, le Nigeria espère se positionner comme une destination attractive pour les capitaux étrangers, tout en assurant que les bénéfices restent largement captés par l’économie locale.