Le Commissaire national de l'Independent National Electoral Commission (INEC), Mohammed Haruna, a annoncé que le registre des électeurs du Nigeria devrait dépasser les 100 millions d'inscrits avant les élections générales de 2027. Cette hausse, attendue après la clôture du processus continu d’enregistrement (CVR), placerait le pays au sommet des démocraties électorales africaines.
Les faits essentiels
L'INEC, à travers son Comité d'information et d'éducation des électeurs (IVEC), a tenu à Abuja une réunion conjointe des départements d’Éducation des électeurs et de Publicité (VEP) et de Genre et Inclusion (G&I). Les responsables présents, dont le directeur du VEP Victoria Eta‑Messi et le secrétaire de presse Adedayo Oketola, ont présenté le cadre de communication et d’inclusion pour les scrutins de 2027. Le registre actuel compte plus de 93 millions d’électeurs ; le CVR national, récemment achevé, devrait pousser ce chiffre au‑delà du centenaire. Il reste 151 jours avant la première phase du scrutin, période pendant laquelle les agents d’information de l’INEC devront mobiliser l’ensemble des citoyens éligibles. Le plan prévoit l’usage de technologies comme le Bimodal Voter Accreditation System (BVAS) et l’INEC Results Viewing (IReV), ainsi que des mesures concrètes d’accessibilité : bulletins en braille, loupes, files prioritaires pour les personnes handicapées, femmes, jeunes et aînés.
Pourquoi c'est important
Atteindre le seuil de 100 millions d’inscrits ferait du Nigeria la plus grande démocratie électorale du continent, renforçant sa légitimité régionale. La commission insiste sur la nécessité d’une communication « large et efficace » pour garantir que chaque électeur comprenne le processus, notamment les outils technologiques récemment introduits. Une information claire et continue est jugée essentielle pour contrer les menaces de désinformation qui, selon Oketola, pourraient saper la confiance des électeurs et engendrer de l’apathie. Le respect des cadres juridiques – Constitution, loi électorale, directives de l’INEC, ainsi que les lois sur la liberté d’information et la protection des données – est présenté comme condition sine qua non d’une campagne de sensibilisation crédible. Enfin, le renforcement de l’inclusion, déjà testé lors d’élections hors cycle comme celle d’Osun, vise à établir un nouveau standard d’accessibilité pour les groupes historiquement marginalisés.
Ce qu'il faut surveiller
Les prochains mois seront déterminants pour la mise en œuvre du plan de communication et d’inclusion. Les agents d’information devront acquérir les compétences linguistiques et juridiques requises, tandis que la commission devra assurer la diffusion quotidienne de messages éducatifs pour démystifier le BVAS et l’IReV. Le suivi de la lutte contre la désinformation, notamment via des campagnes proactives, restera un point d’attention. Enfin, la capacité des départements VEP et G&I à coordonner leurs actions dans les 36 États et le FCT, ainsi que l’efficacité des dispositifs d’accessibilité (braille, loupes, files prioritaires), déterminera si le Nigeria pourra réellement offrir des élections « libres, justes, crédibles, pacifiques et inclusives » comme annoncé.