L'ancien ministre nigérian de l'Aviation, Femi Fani-Kayode, a récemment levé le voile sur les obstacles politiques ayant retardé l'indemnisation des anciens employés de la compagnie nationale Nigeria Airways. Ce témoignage met en lumière les tensions décisionnelles au sein du Conseil exécutif fédéral en 2006, alors que le pays tentait de solder les comptes d'une entreprise publique liquidée.
Le blocage de 2006 au sein du Conseil exécutif
En 2006, alors qu'il occupait le poste de ministre de l'Aviation, Femi Fani-Kayode avait soumis une proposition formelle au Conseil exécutif fédéral (FEC) visant à débloquer les fonds nécessaires au paiement des pensions des ex-salariés de Nigeria Airways. Cette initiative faisait suite aux recommandations d'un comité dirigé par Yayale Ahmed, alors chef du service civil de la Fédération. Malgré cet appui technique, la mesure a été rejetée par une partie du cabinet ministériel. Les opposants au projet justifiaient leur refus par la responsabilité supposée des anciennes directions et conseils d'administration dans la faillite de la compagnie aérienne, estimant que les employés ne devaient pas bénéficier de droits à pension.
Le déclin structurel d'un fleuron national
Le débat sur les pensions s'inscrit dans un contexte de dégradation prolongée de la compagnie. Selon Fani-Kayode, Nigeria Airways possédait 32 appareils opérationnels en 1979, avant de sombrer dans une crise profonde marquée par une gestion défaillante, des dettes massives et la disparition quasi totale de ses actifs matériels d'ici 1999. Après l'échec de plusieurs tentatives de sauvetage et de privatisation, notamment sous les conseils de la Société financière internationale, le gouvernement a acté la liquidation de la compagnie en 2004, laissant en suspens la question cruciale des droits sociaux des travailleurs.
La résolution tardive des arriérés de paiement
Si la question des pensions a été écartée en 2006, le dossier a été progressivement repris par les administrations successives. L'administration du président Umaru Musa Yar’Adua, arrivée au pouvoir en 2007, a initié le règlement d'une grande partie des arriérés. Ce processus a été poursuivi sous le mandat de Muhammadu Buhari, avant que l'administration actuelle du président Bola Tinubu ne finalise le paiement des reliquats. Femi Fani-Kayode a salué cette issue, tout en exprimant des regrets sur le délai imposé aux anciens employés, dont la situation précaire a duré près de deux décennies.