Une évaluation approfondie de 1 480 centres de santé primaires (PHC) à travers 16 États nigérians dresse un constat alarmant : 97 % de ces établissements ne satisfont pas aux exigences minimales en matière de personnel. Cette carence structurelle, documentée par Orodata Science et Civic Tech, met en péril la capacité du système de santé nigérian à offrir des services de base aux populations, particulièrement en zone rurale.
Un déficit criant de ressources humaines
Le cadre national défini par l'Agence nationale de développement des soins de santé primaires (NPHCDA) et l'Organisation mondiale de la santé (OMS) impose un effectif précis pour garantir la qualité des soins, incluant notamment des infirmiers, des sages-femmes et des agents de santé communautaires. Or, l'étude révèle que dans 11 des 16 États évalués, aucun centre ne respecte ces standards. Cette pénurie est d'autant plus critique que 75 % de ces structures sont situées dans des zones rurales, où elles constituent souvent l'unique recours médical pour les habitants.
Infrastructures défaillantes et accès limité
Le manque de personnel n'est que la partie émergée d'une crise systémique. L'enquête pointe une dégradation généralisée des conditions d'accueil : 40 % des centres présentent des toitures endommagées, 38 % fonctionnent sans électricité et 39 % dépendent de sources d'eau insalubres. Par ailleurs, l'accessibilité pour les personnes en situation de handicap est quasi inexistante dans 66 % des sites. Ces lacunes, couplées à l'absence d'équipements de réanimation néonatale dans 75 % des centres, limitent drastiquement la prise en charge des urgences obstétricales.
Des disparités régionales et un besoin d'intervention coordonnée
Si la situation est préoccupante à l'échelle nationale, des disparités marquées apparaissent : les États de Kano et Sokoto affichent des carences particulièrement sévères en eau, électricité et matériel médical, tandis que Gombe se distingue par un manque criant d'infrastructures accessibles. Face à ce constat, 51 % des usagers interrogés qualifient la qualité des services de « médiocre ».
Vers une planification ciblée
Pour redresser la barre, les auteurs du rapport préconisent de dépasser les simples rénovations isolées. Ils appellent les gouvernements des États à élaborer des plans d'action spécifiques à chaque établissement, assortis de calendriers précis et d'un suivi rigoureux. L'enjeu est de transformer ces données factuelles en leviers de décision pour une allocation des ressources plus efficace, garantissant enfin une couverture sanitaire de base conforme aux engagements nationaux.