Une analyse récente menée par l'Agence nationale de développement des soins de santé primaires (NPHCDA) au Nigeria met en lumière une corrélation directe entre les foyers de diphtérie et une couverture vaccinale incomplète. Près de 93 % des enfants ayant contracté la maladie n'avaient pas reçu le schéma vaccinal complet recommandé.
Le poids de la désinformation sur la couverture vaccinale
Selon Muyi Aina, directeur exécutif de la NPHCDA, les données recueillies lors des récents épisodes épidémiques indiquent que la majorité des enfants touchés n'avaient reçu aucune dose ou seulement une partie des trois injections nécessaires. Si l'agence confirme que les stocks de vaccins sont disponibles et que des interventions sont déployées pour faciliter l'accès aux soins, la persistance de rumeurs et de fausses informations au sein des communautés freine considérablement l'adhésion des populations aux programmes d'immunisation.
Bilan des campagnes nationales d'immunisation
Parallèlement à la lutte contre la diphtérie, l'agence fait état de progrès significatifs dans d'autres domaines de la santé préventive. Plus de 18,3 millions de jeunes filles ont été vaccinées contre le papillomavirus humain (HPV), tandis que la campagne contre la rougeole et la rubéole a permis de couvrir plus de 102 millions d'enfants âgés de neuf mois à 14 ans. Par ailleurs, dans les États de Kebbi, Bayelsa, Ondo et Bauchi, 882 000 enfants ont déjà reçu une première dose du vaccin contre le paludisme.
Stratégies pour réduire le nombre d'enfants « zéro dose »
La NPHCDA intensifie ses efforts pour identifier et vacciner les enfants n'ayant jamais reçu de traitement, notamment dans les zones géographiques les plus isolées. Cette stratégie repose sur un recensement actif et des interventions ciblées. Pour soutenir cette dynamique, l'agence prévoit d'étendre le Fonds de prestation de soins de santé de base, en faisant passer le nombre d'établissements couverts de 8 300 à 15 000. Les autorités sanitaires appellent désormais les leaders communautaires, les enseignants et les parents à une mobilisation accrue pour garantir la protection collective contre les maladies évitables.