Au premier semestre 2026, les consommateurs nigérians ont réglé près de 1 200 milliards de nairas de factures d'électricité, selon les données publiées par le régulateur du secteur, la NERC. Un montant colossal qui masque pourtant des failles structurelles dans la chaîne de collecte des revenus du réseau électrique national.
Des recettes mensuelles en dents de scie
Les onze entreprises de distribution (DisCos) ont encaissé des sommes variables d'un mois à l'autre. Mai a enregistré le meilleur rendement avec 208,15 milliards de nairas, tandis que juin affichait la performance la plus basse à 191,68 milliards, soit une baisse de 7,9 % sur un seul mois, équivalant à une perte de 16,47 milliards de nairas en trente jours.
L'écart entre facturé et récupéré s'élargit
En juin, les DisCos ont réceptionné 315,73 milliards de kWh, dont 240,71 milliards effectivement facturés aux abonnés, représentant un taux de facturation de 76,24 %. Seulement, sur ces 240,71 milliards facturés, seules 191,86 milliards ont été encaissées, créant un déficit de 48,85 milliards de nairas. Le taux de récupération réelle s'établit à 79,71 %, en recul de 2,61 points par rapport à mai.
Plus alarmant encore, le tarif moyen autorisé par la NERC s'élève à 130,15 nairas par kWh, mais lesDISCO n'ont collecté en moyenne que 96,63 nairas par kWh, soit un taux d'efficacité de récupération de seulement 74,24 %, en baisse de 3,07 points en un mois.
Inégalités criantes entre les régions
Les écarts de performance entre les entreprises de distribution sont considérables. Eko Disco et Port Harcourt dominent le classement avec des taux de récupération respectifs de 87,04 % et 86,33 %. À l'autre extrémité, Kaduna Disco plafonne à 37,03 %, Kano à 44,04 % et Jos à 51,33 %.
En termes de collecte effective, Benin Disco mène le peloton à 94 %, suivi par Ikeja à 89 % et Eko à 88,64 %. À l'inverse, Kano (42,16 %) et Kaduna (46,13 %) ferment la marche, illustrant les difficultés majeures de ces réseaux à convertir la facturation en recettes réelles.
Un défi structurel pour la stabilité du réseau
Ces chiffres révèlent un problème persistant : une part significative de l'électricité distribuée n'est pas payée. Ce manque à collecter fragilise la capacité des DisCos à investir dans la maintenance et l'extension du réseau, alimentant un cercle vicieux de délestages et de dégradations. La régulation du secteur devra arbitrer entre la nécessité de garantir l'approvisionnement et celle d'améliorer la discipline de paiement des abonnés.