Niger : trois ans de séquestration pour l’ex-président Bazoum, un cas sans précédent en Afrique

Par Rédaction KUMBA 2 min de lecture 45 lectures
Niger : trois ans de séquestration pour l’ex-président Bazoum, un cas sans précédent en Afrique

Depuis trois ans, l’ex-président nigérien Mohamed Bazoum croupit dans un isolement total, privé de toute communication avec le monde extérieur. Son cas, unique en Afrique de l’Ouest, soulève des questions sur la gestion des transitions post-coup d’État et l’application des droits humains.

Un régime d’isolement sans équivalent en Afrique

Le 26 juillet 2023, Mohamed Bazoum était renversé par un coup d’État militaire au Niger. Depuis, lui et son épouse Khadija sont maintenus en détention dans des conditions extrêmes. Contrairement à d’autres dirigeants africains renversés par des putschistes, comme au Mali, au Burkina Faso ou en Guinée, Bazoum subit un régime d’isolement radical : absence d’eau courante pendant 45 jours, coupure d’électricité pendant 90 jours, confiscation des téléphones, et interdiction de toute visite ou promenade. Même après l’expiration légale de son mandat en avril 2026, aucune amélioration n’a été observée. Les putschistes nigériens, contrairement à leurs homologues ailleurs, refusent de reconnaître à Bazoum le statut d’être humain, le soumettant à une « mort sociale » programmée.

Les enfants de l’ex-président dénoncent un acharnement sans précédent. Bazoum est le seul dirigeant de son parti à être privé de liberté, alors que ses anciens collaborateurs, jugés ou non, bénéficient d’une relative clémence. Le pouvoir militaire mise sur l’usure physique et morale pour briser sa résistance, sans que la communauté internationale n’intervienne de manière significative. Les organisations de défense des droits humains et les chancelleries étrangères, bien que préoccupées, peinent à faire évoluer la situation.

Un cas d’école des transitions africaines sous tension

Le traitement infligé à Bazoum illustre les défis des transitions politiques en Afrique de l’Ouest, où les coups d’État se multiplient depuis 2020. Contrairement à d’autres pays où les dirigeants renversés obtiennent une forme de reconnaissance ou d’exil, le Niger incarne une radicalisation des pratiques post-coup d’État. La junte au pouvoir, dirigée par le général Abdourahamane Tiani, justifie cette séquestration par des motifs politiques, mais l’absence de cadre juridique ou de procès rend ce traitement arbitraire.

Les dynamiques régionales jouent un rôle clé dans cette impasse. Les putschistes nigériens bénéficient du soutien de régimes similaires au Mali et au Burkina Faso, tandis que les organisations panafricaines et internationales peinent à coordonner une réponse unie. La famille Bazoum, réduite à un rôle de témoins impuissants, appelle à une mobilisation urgente. Leur cri d’alarme rappelle que l’impunité des juntes militaires menace non seulement les droits individuels, mais aussi la stabilité démocratique du continent.

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