Le Niger ajuste son budget 2026 à 2 980,5 milliards de francs CFA, soit une hausse de 2% par rapport aux prévisions initiales, pour financer prioritairement la sécurité nationale et la relance économique. Cette révision s’accompagne de réformes structurelles et de mesures fiscales ciblées, dans un contexte de tensions régionales et de fluctuations des prix de l’énergie.
Une enveloppe budgétaire gonflée pour absorber les chocs externes
Le gouvernement nigérien a adopté une première rectification de la loi de finances 2026, portant le budget général de l’État à 2 980,54 milliards de FCFA contre 2 922,22 milliards initialement prévus. Cette augmentation de 58,32 milliards (+2%) intègre plusieurs facteurs : l’accroissement des besoins des Forces de défense et de sécurité, les répercussions de la crise au Moyen-Orient sur les cours du pétrole, ainsi que le réaménagement des structures administratives.
Réformes administratives et recentrage des missions étatiques
La révision budgétaire s’accompagne d’une restructuration des services publics. Plusieurs entités rattachées à la Présidence et au Premier ministère, dont les missions ont été transférées à d’autres départements, ont été supprimées. Par ailleurs, un nouveau dispositif de tutelle technique pour les projets de développement a été mis en place, visant à améliorer l’efficacité de la gestion publique.
Un décret adopté par le Conseil des ministres transfère désormais la gestion des pensions de retraite parlementaires au ministère des Finances. Cette mesure entraîne la dissolution de la Caisse autonome de retraite parlementaire (CARPA), jugée nécessaire pour renforcer la traçabilité et l’efficacité de la gestion des fonds.
Simplification fiscale et levier pour l’orpaillage
Pour soutenir la relance économique, le gouvernement nigérien prévoit des mesures de simplification fiscale, notamment dans le secteur aurifère. Cette initiative s’inscrit dans une stratégie plus large de diversification économique, alors que le pays fait face à des pressions budgétaires liées aux dépenses sécuritaires et aux coûts énergétiques.
Modernisation du secteur postal et service universel
Le Conseil des ministres a également validé un projet de décret précisant les modalités d’application de la loi postale de 2023, modifiée en mai 2026. Le texte définit le contenu du service postal universel, les services financiers postaux, ainsi que les modalités de désignation de l’opérateur chargé du service universel. Il encadre également les services postaux réservés et non réservés, dans une logique de modernisation des infrastructures et de couverture nationale.