En République démocratique du Congo, l'ancien ministre des Finances Nicolas Kazadi a accepté un exercice de transparence face au professeur Ngondankoy, en abordant trois dossiers considérés comme des chantiers inachevés majeurs : l'identification de la population, le financement du Programme de développement local des 145 territoires (PDL-145T) et la décentralisation financière. Cet échange, rapporté le 4 septembre 2026, s'inscrit dans un débat plus large sur la capacité de l'État congolais à traduire ses ambitions de gouvernance locale en résultats concrets pour les citoyens.
Le chantier de l'identification, préalable à toute politique publique
L'identification de la population figure parmi les priorités évoquées par Nicolas Kazadi. Ce dossier conditionne aussi bien la délivrance des documents d'état civil que l'établissement de fichiers électoraux fiables, la planification sanitaire ou encore la redistribution des recettes publiques. Sans registre de population consolidé, les transferts vers les entités décentralisées reposent sur des bases approximatives, ce qui alimente les critiques sur l'équité de la dépense publique en RDC.
PDL-145T : un programme phare sous tension de financement
Le Programme de développement local des 145 territoires constitue l'un des instruments phares de la décentralisation congolaise. Lancé pour doter chaque territoire d'infrastructures de base et stimuler l'économie locale, il dépend toutefois d'une chaîne de financement impliquant l'État central, les partenaires techniques et financiers ainsi que les recettes propres des provinces. Les arbitrages budgétaires autour du PDL-145T restent un indicateur clé de la volonté politique de tenir la promesse décentralisatrice.
Décentralisation financière : les incohérences pointées
Nicolas Kazadi a reconnu devant le professeur Ngondankoy des incohérences persistantes dans la décentralisation financière, notamment l'écart entre les compétences transférées aux provinces et les ressources effectivement mobilisables au niveau local. Cette question renvoie au débat sur la réforme de la loi organique relative aux finances publiques, sur la modernisation des administrations provinciales et sur la transparence des rétrocessions. Elle touche directement à la confiance entre Kinshasa et les territoires.
Un dialogue utile pour éclairer l'action publique
La démarche consistant à confronter un responsable économique aux questions d'un universitaire constitue un signal positif pour la redevabilité démocratique en RDC. La suite dépendra de la traduction effective de ces échanges en arbitrages budgétaires et en réformes législatives, deux leviers que la majorité des observateurs considèrent comme déterminants pour crédibiliser la décentralisation congolaise.