À Niangoloko, la lutte contre le paludisme s’articule désormais autour d’une mobilisation collective et durable contre les gîtes larvaires, vecteurs de la maladie. À la veille des Journées nationales de lutte anti-vectorielle, les autorités locales appellent à une responsabilité partagée pour assainir l’environnement et briser le cycle de prolifération des moustiques.
Une approche communautaire contre une menace persistante
Le président de la Délégation spéciale communale (PDS) de Niangoloko, Ousséni Ouédraogo, a souligné l’urgence d’intégrer la destruction des gîtes larvaires dans les habitudes quotidiennes des populations. Lors d’une rencontre d’information organisée en amont des Journées nationales de lutte anti-vectorielle, il a insisté sur le fait que l’assainissement ne doit pas se limiter à des actions ponctuelles, mais s’inscrire dans une démarche permanente. Les quartiers, villages et lieux de rassemblement doivent être maintenus propres pour réduire les conditions favorables à la reproduction des moustiques vecteurs du paludisme.
Cette mobilisation, qui a réuni autorités administratives, leaders coutumiers, religieux et représentants de la société civile, vise à ancrer la lutte anti-vectorielle dans les pratiques locales. Le PDS a rappelé que la responsabilité de cette bataille sanitaire incombe à tous, des concessions familiales aux espaces publics.
Le paludisme, un fléau aux conséquences dramatiques
Le médecin-chef du Centre médical du secteur 06 de Niangoloko, Dr Ismaël Sawadogo, a rappelé l’ampleur du défi : le paludisme reste la première cause de consultation et d’hospitalisation au Burkina Faso, avec des répercussions particulièrement graves chez les enfants de moins de cinq ans et les femmes enceintes. Selon lui, la majorité des gîtes larvaires sont d’origine humaine, soulignant l’importance des comportements individuels dans la propagation de la maladie.
Les Journées nationales de lutte anti-vectorielle, prévues pour renforcer la prévention, s’appuient sur des actions concrètes comme la destruction des eaux stagnantes et l’élimination des déchets favorisant la prolifération des moustiques. Une projection sur les techniques de lutte anti-vectorielle, suivie d’échanges, a permis de sensibiliser les participants aux enjeux et aux méthodes de prévention. L’objectif est clair : transformer les habitudes pour réduire durablement l’incidence du paludisme dans la commune.