Une coalition de neuf partis politiques nigérians a exprimé son soutien à l'African Democratic Congress (ADC) après l'annulation judiciaire de sa direction, dirigée par le sénateur David Mark. Ce regroupement, baptisé Coalition for Democracy, dénonce une manœuvre visant à affaiblir l'opposition en amont des élections générales de 2027.
Une décision judiciaire contestée
La récente décision de la Cour fédérale, qui a dissous la direction de l'ADC et invalidé sa candidature présidentielle, a suscité une vive réaction au sein de la classe politique. Pour la Coalition for Democracy, ce verdict ne constitue pas un simple fait juridique, mais s'inscrit dans une campagne systématique visant à éliminer toute concurrence politique crédible. Salihu Moh. Lukman, porte-parole du groupe, a mis en garde contre un précédent dangereux : selon lui, ce qui frappe l'ADC aujourd'hui pourrait menacer n'importe quelle autre formation politique demain.
La crainte d'un espace démocratique restreint
La coalition, née du sommet G100 tenu à Abuja en août 2026, regroupe des formations telles que le PDP, le SDP, le PRP et l'ADC. Ces partis s'inquiètent ouvertement de ce qu'ils qualifient de « rétrécissement de l'espace démocratique » au Nigeria. Ils pointent du doigt une utilisation croissante des institutions étatiques pour entraver les activités des opposants et affaiblir leurs structures internes. Pour ces acteurs, le recours systématique aux tribunaux pour écarter des rivaux politiques menace les fondements mêmes de la République.
Appel à la mobilisation pour le pluralisme
Face à ce qu'ils considèrent comme une tentative d'instaurer une démocratie sans alternative, les neuf partis appellent à une résistance pacifique et légale. Ils exhortent la société civile, le barreau nigérian, les syndicats et les médias à se mobiliser pour défendre le pluralisme politique. La coalition insiste sur le fait que le scrutin doit rester le seul champ de bataille légitime pour le pouvoir. En solidarité avec l'ADC, qui a annoncé son intention de contester le jugement en appel, les membres de la coalition préviennent qu'ils ne resteront pas passifs face à ce qu'ils perçoivent comme une manipulation institutionnelle visant à garantir la victoire du parti au pouvoir sans passer par le suffrage des citoyens.