Le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu a affirmé jeudi que la chute du régime iranien était « à portée de main », dans une vidéo diffusée par son bureau à l'issue d'une rencontre avec des responsables sécuritaires. Il s'appuie explicitement sur la nouvelle campagne de pression économique lancée par Washington contre Téhéran.
Un régime qui « se bat pour sa survie »
S'adressant à des responsables de la sécurité, Netanyahu a déclaré que le régime iranien « se bat pour sa survie » et a estimé qu'Israël disposait désormais de la capacité d'éliminer cette menace « une fois pour toutes ». « C'est-à-dire de faire tomber ce régime. C'est la principale mission qui nous reste, mais elle est proche, pas impossible, à portée de main », a-t-il lancé, selon des propos retranscrits dans la vidéo officielle.
Cette déclaration, au ton offensif assumé, marque une nouvelle étape dans l'escalade verbale entre Israël et la République islamique, alors que le conflit au Moyen-Orient s'est ouvert par des frappes israélo-américaines contre l'Iran fin février.
La pression économique de Trump comme levier central
Le chef du gouvernement israélien mise avant tout sur l'arme économique. Fin août, il avait déjà salué la nouvelle campagne de sanctions engagée par le président américain Donald Trump, tout en excluant tout accord diplomatique avec les dirigeants iraniens, qu'il avait qualifiés de « sauvages ».
Netanyahu fait ainsi le pari que l'étau financier imposé par les États-Unis fragilisera suffisamment le pouvoir à Téhéran pour qu'Israël puisse porter l'estocade. La stratégie revient à combiner sanctions américaines et pression militaire israélienne, sans retour à la table des négociations.
Un scepticisme de longue date sur la voie diplomatique
La position affichée jeudi s'inscrit dans une ligne de fracture ancienne. Netanyahu fut l'un des critiques les plus virulents de l'accord international sur le nucléaire iranien signé en 2015, dont les États-Unis se sont retirés trois ans plus tard sous la première administration Trump.
Sceptique de longue date sur la possibilité d'un compromis avec la République islamique, le Premier ministre israélien s'est toutefois abstenu de critiquer frontalement Donald Trump lorsque ce dernier cherchait une sortie négociée au conflit. Un équilibre de communication qui traduit la dépendance d'Israël au soutien américain, mais aussi la volonté de Netanyahu de ne pas se voir imposer un cadre diplomatique.
Reste désormais un point à suivre : la réaction de Téhéran et l'évolution concrète de la pression économique américaine, deux variables qui détermineront si la « portée de main » annoncée se traduit par une offensive directe ou demeure une posture politique.