Népal : plus d’une centaine d’ouvriers piégés dans un tunnel après une crue meurtrière venue du Tibet

Par Rédaction KUMBA 3 min de lecture 29 lectures
Népal : plus d’une centaine d’ouvriers piégés dans un tunnel après une crue meurtrière venue du Tibet

Une crue catastrophique, déclenchée par l’effondrement d’un glacier tibétain, a fait au moins 472 morts et 1 400 disparus au Népal, piégeant plus d’une centaine d’ouvriers dans un tunnel de chantier hydroélectrique. Les opérations de secours, entravées par des conditions météo extrêmes et une retenue d’eau instable au Tibet, s’intensifient malgré les risques persistants.

Un chantier hydroélectrique transformé en piège mortel

Plus de 400 ouvriers travaillaient sur le site du barrage de Trishuli, dans le district de Nuwakot, lorsque la vague d’eau et de boue a submergé les installations mercredi. Selon les témoignages recueillis par l’AFP, au moins 350 personnes ont été évacuées dans des conditions périlleuses, mais plus de 100 restent prisonnières des tunnels du chantier. Les hélicoptères dépêchés sur place peinent à localiser les entrées obstruées, tandis que les pluies torrentielles compliquent les opérations.

Parmi les survivants, Buddha Tamang a raconté avoir échappé à la mort en se réfugiant dans un tunnel au moment où la coulée a tout emporté. « Des cadres travaillaient de l’autre côté, ils ont tous été emportés », a-t-il témoigné. Un autre ouvrier, Dev Shrestha, a estimé que « le nombre de morts pourrait dépasser celui des personnes évacuées ».

Le Tibet sous haute tension : une retenue d’eau menace d’aggraver la crise

Au Tibet, les secours ont suspendu leurs opérations après qu’une retenue d’eau en surplomb a commencé à déborder vers le poste-frontière de Gyirong, principale zone sinistrée. Les médias d’État chinois ont confirmé que les équipes sur place avaient reçu l’ordre de rester en attente, en raison du risque d’effondrement supplémentaire. Cette situation aggrave une crise déjà hors de contrôle, où les glissements de terrain et les coulées de boue continuent de bloquer les accès.

L’effondrement du glacier, enregistré comme un séisme de magnitude 5,2 par l’USGS, a provoqué des dégâts « considérables » sur les infrastructures hydroélectriques du Népal. Les autorités locales tentent d’évaluer l’ampleur des destructions, alors que les réseaux routiers et les lignes électriques ont été gravement endommagés.

Un bilan humain et matériel qui s’alourdit

Avec 472 morts confirmés et 1 400 disparus, cette catastrophe dépasse largement les précédentes inondations dans la région. Les opérations de recherche se poursuivent, mais les conditions climatiques et les risques géologiques limitent leur efficacité. Les autorités népalaises et chinoises coordonnent leurs efforts pour éviter une aggravation de la situation, notamment en surveillant la stabilité des barrages et des retenues d’eau en amont.

Les experts soulignent que ce drame illustre les dangers croissants liés aux projets hydroélectriques en zones montagneuses, où les risques de glissements de terrain et de ruptures de barrages sont exacerbés par le changement climatique. Une enquête pourrait être ouverte pour déterminer les responsabilités dans la gestion de ces chantiers, alors que les familles des victimes réclament des réponses.

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