Népal : deux ouvriers extraits vivants d'un tunnel après une semaine sous les eaux et la boue

Par Rédaction KUMBA 3 min de lecture 31 lectures
Népal : deux ouvriers extraits vivants d'un tunnel après une semaine sous les eaux et la boue

Plus d'une semaine après la crue éclair qui a dévasté plusieurs vallées du nord du Népal, deux ouvriers piégés dans un tunnel hydroélectrique ont été extraits vivants vendredi, une annonce saluée comme un rare rayon d'espoir dans une catastrophe qui a déjà fait plus de 1 280 morts et des milliers de disparus. L'opération mobilise des équipes népalaises appuyées par des experts venus d'Inde, de Chine et de Corée du Sud.

Sanjay Shah et Kabir Maharjan, rescapés de Trishuli-3

Identifiés comme Sanjay Shah et Kabir Maharjan, les deux hommes ont été remontés à l'air libre sur des civières par des sauveteurs casqués, selon des photos relayées par le gouvernement népalais. Peu avant leur extraction, un spécialiste australien des secours en profondeur, Arnold Dix, avait fait état d'un premier contact avec l'intérieur du tunnel : les secouristes auraient reçu une faible réponse au mot népalais « hunchha », qui signifie « oui » ou « OK ». « On vient vous sauver », ont-ils répondu aux survivants, a-t-il raconté. Les deux rescapés doivent être transférés à Katmandou, la capitale, a précisé le ministre de l'Énergie Biraj Bhakta Shrestha, qui a confirmé le sauvetage sur un canal de discussion partagé avec la presse. Son collègue de l'Intérieur, Sudan Gurung, a annoncé dans la foulée la sortie du deuxième ouvrier.

Des dizaines d'ouvriers toujours portés disparus

Le tunnel de Trishuli-3, qui appartient à un site de centrale hydroélectrique en construction, concentre une part importante des inquiétudes : peu après la catastrophe, les autorités estimaient qu'une centaine d'ouvriers pouvaient y être retenus prisonniers. Jusqu'à vendredi, seules quelques victimes avaient été retrouvées dans ces galeries envahies par l'eau et la boue, que les équipes ont dû percer à l'aide d'explosifs et d'excavatrices. Le mur d'eau, de glace et de débris qui a détruit plusieurs vallées frontalières entre le Népal et la Chine a déjà coûté la vie à au moins 1 280 personnes et plus de 5 600 restent portées disparues, selon les bilans officiels. Parmi les disparus figurent plus de 900 salariés ou ouvriers des sites hydroélectriques, un chiffre qui donne la mesure du poids humain et économique de ce secteur dans la région.

Une mobilisation internationale autour des secours

La lenteur du sauvetage tient à l'ampleur des obstructions : plusieurs tunnels ensevelis doivent être ouverts simultanément, sur différents sites de centrales et de barrages en chantier. Le Népal a sollicité une aide extérieure, et des experts indiens, chinois et sud-coréens participent désormais aux opérations aux côtés des sauveteurs locaux. La catastrophe, survenue le 26 août, pose aussi une question structurelle : la vulnérabilité des grands chantiers hydroélectriques himalayens face aux événements météorologiques extrêmes, un enjeu à suivre alors que le pays cherche à accélérer son développement énergétique.

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