N’Djamena : un escroc aux méthodes froides se joue des clients

Par Rédaction KUMBA 3 min de lecture 23 lectures
N’Djamena : un escroc aux méthodes froides se joue des clients

Le procès d’un voleur sans scrupules s’ouvre ce lundi. Sous couvert d’aide, il vole des milliers de francs aux clients de la UBA.


Un piège bien huilé aux abords des GAB Le prévenu agit comme un fantôme. Aux alentours des distributeurs automatiques de billets de la UBA, il repère les clients hésitants, les personnes pressées ou celles confrontées à un dysfonctionnement technique. « Je peux vous aider », murmure-t-il avant de glisser sa main dans celle de la victime. Sous prétexte de « réinsérer correctement la carte », il effectue un échange furtif. La carte du client disparaît. La sienne, trafiquée, prend sa place.

Les victimes ne s’en rendent compte que trop tard. Des virements suspects, des retraits inexpliqués. Leurs comptes se vident sans qu’ils aient rien remarqué. Combien de temps avant que vous ne remarquiez une fraude sur votre propre compte ?


Des victimes exsangues et une banque accusée de lenteur Deux plaignants se sont constitués parties civiles, avec des préjudices qui font frémir :

  • 350 000 FCFA volés à la première victime, réclamant 5 millions de dommages et intérêts.
  • 755 000 FCFA disparus du compte de la seconde, avec une demande de 10 millions pour réparer son préjudice moral.

« La banque a traîné des pieds », dénoncent leurs avocats. Les enregistrements des caméras de surveillance, pourtant légalement exigés, leur ont été refusés. Pire : les enquêtes internes auraient été bâclées. Pourquoi une institution financière se soustrait-elle à son devoir de transparence ?

Le prévenu, détenu à Klessoum, clame son innocence. « Un tiers m’a demandé de l’aide », affirme-t-il, sans jamais nommer ce mystérieux complice. Son avocat mise sur l’absence de preuves « tangibles », mais les parties civiles brandissent l’article 452 du Code pénal – vol aggravé – et exigent que la UBA soit convoquée comme témoin, voire comme responsable civile. « Où sont les vidéos ? », s’impatientent-ils.


Un procès reporté, un coupable toujours en liberté Le tribunal, face à l’entrelacs de mensonges et d’omissions, a tranché : renvoi à une date ultérieure. Le prévenu reste derrière les barreaux, mais l’affaire s’enlise. La UBA, quant à elle, n’a pas encore répondu aux accusations. Faut-il y voir une complicité silencieuse, ou simplement l’échec d’un système défaillant ?

Une chose est sûre : tant que les banques fermeront les yeux sur ces fraudes, les escrocs continueront de prospérer. Et vous, seriez-vous assez vigilant pour les démasquer ?

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